Et bien qu’il y a des instituts qui forment les assistants sociaux dans la Grande Ile, il faut se rendre à l’évidence, la grande majorité des personnes qui font ce métier n’ont pas reçu une formation adéquate. En plus de cela, nombreux de ces travailleurs sociaux sont sous payés et les étudiants sortants de l’université refusent d’embrasser le métier.

Et pourtant, le travail social requiert une qualité qui ne peut pas s’acquérir dans le tas. A l’exemple de Soa, qui travaille comme nourrice au sein du centre d’accueil pour orphelins et enfants abandonnés Nid de cigogne à Ambatolampy Tsimahafotsy. Dans ce foyer, elle a la charge d’une dizaine d’enfants. « Notre travail consiste à faire en sorte d’être des mères de substitution pour ces enfants. Ce qui est difficile à faire en tant qu’humain mais on essaie de faire de notre mieux », nous partage Soa.

En effet, être mère est un rôle difficile à endosser surtout quand il s’agit d’en être une pour une dizaine d’enfants. De plus, pour effectuer ce travail, Soa est contrainte d’abandonner ses enfants naturels en quelques sortes. « Je ne peux rentrer chez moi qu’une fois tous les quinze jours. Et j’ai laissé mes enfants au soin de ma mère et de mon époux. Cela rend la situation encore plus difficile car pour pouvoir donner l’affection maternelle à ces enfants, c’est finalement mes enfants qui en manquent ».

La plupart de ces enfants ont vécu des expériences traumatisantes avant d’être admis au centre, ce qui fait qu’ils ont besoin d’une attention particulière. Comme le cas du petit Alain, étant né prématurément on a dû l’enlever des bras de sa mère qui est inapte à élever des enfants. Il a été balloté de centre en centre pour enfin atterrir au Nid de Cigogne. Les nourrices sur place ont constaté qu’il a grandement besoin d’attention et d’amour pour s’épanouir. Chaque enfant est un cas à part qu’il faut prendre avec sérieux et beaucoup d’attention. Les assistants sociaux doivent donc mettre de côté leurs sentiments pour ne penser qu’au bien-être des enfants d’abord. Exactement comme une mère.

Y. Lomelle