Les Etats-Unis ont fait savoir publiquement qu’ils attendaient avec impatience les suites de l’enquête au sujet des violences commises par l’Emmo-Reg en septembre 2015 sur Jean-Pierre Randrianamboarina, leader d’un mouvement estudiantin. D’un côté, les Etats-Unis n’ont pas le droit de s’ingérer dans les affaires internes malgaches. Ils devraient faire le ménage chez eux, avant de balayer devant la porte des autres. On se souvient que l’histoire américaine est jalonnée de répressions sanglantes commises par les blancs contre les noirs. Lorsque les Etats-Unis s’opposent avec force à une manifestation sur leur territoire, aucun pays ne remet en cause le système judiciaire américain. D’un autre côté, les Etats-Unis ont tout à fait raison de réveiller les consciences et de soutenir la lutte contre les injustices à Madagascar. Leur statut de superpuissance et de bailleur leur permet d’être une force d’interpellation écoutée et respectée. Ils savent que les coupables des dérives survenues à Ankatso ont intérêt à ce que l’enquête piétine et finisse en eau de boudin, jusqu’à ce que l’action publique soit éteinte par la prescription. L’opinion publique malgache a besoin que toute la lumière soit faite sur les abus perpétrés par l’Emmo-Reg. Pourtant, l’issue du procès est incertaine. Rien ne garantit que les coupables soient punis un jour lorsque l’on sait que la fonction juridictionnelle est un instrument entre les mains du pouvoir exécutif et que celui-ci a besoin des forces armées pour assurer sa dictature. De toute façon, même si ce n’est pas l’Emmo-Reg qui cogne sur les étudiants, d’autres individus s’en chargeront comme le démontrent les derniers évènements tragiques à Fianarantsoa.
M. GASPARD
