1 gendarme pour 1 855 habitants et 1 gendarme pour surveiller environ une superficie de 49 km2. Ces ratios ont été communiqués dans le conseil de gouvernement du 15 mars dernier. Et il faut remarquer qu’il y a une très grande différence entre ces ratios et ceux de 2014. Pourtant, ces deux dates ne s’éloignent pas l’une de l’autre. Courant août 2014, des responsables des ressources humaines de la gendarmerie ont avancé les ratios de 1 gendarme pour 3 000 habitants et 1 gendarme pour s’occuper de la surveillance d’une superficie de 60 km2. Ces grandes différences témoignent des problèmes de fiabilité en matière de production statistique. La gendarmerie n’est pas la seule concernée. D’autres secteurs le sont également. Il n’y a qu’à prendre l’exemple de l’évolution démographique. Le dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) remonte à 1993 et depuis, les statistiques existantes sont issues d’extrapolations. Rappelons que le RGPH aurait dû démarrer sous la transition. Mais à l’époque, des sources proches du dossier ont avancé qu’il fallait attendre par crainte de voir s’afficher des chiffres discordants par rapport à la liste électorale ayant servi aux présidentielles. Un problème qui laisse planer des doutes quant à ladite liste.
Si on revient sur les ratios concernant la gendarmerie et plus précisément sur les chiffres de 2014, Madagascar a la même situation que le Mali dont le ratio gendarme/population est de 1 gendarme pour 3 000 habitants. Ce taux est l’un des plus faibles au monde. La moyenne mondiale est de 1 gendarme pour 400 à 500 habitants, si elle est environ 1 gendarme pour 651 habitants en France. Quoi qu’il en soit, la Grande Ile souffre d’un effectif insuffisant. Ce problème est bien connu de toutes les autorités concernées. Mais cette année comme en 2014, la gendarmerie ne procèdera qu’au recrutement de 1 200 élèves gendarmes à former à l’école d’Ambositra. D’ailleurs, la gendarmerie qui est censée s’occuper de la sécurité en milieu rurale n’est dotée que d’un maigre budget représentant 3,7% du budget de l’Etat pour 2016. En revanche, les projets présidentiels bénéficient d’une part de 3,4%. Sont-ils plus importants que la sécurité des ruraux ? Apparemment non car si on jette un regard sur quelques projets présidentiels, ils ne sont pas porteurs d’un développement durable. Citons les quelques centres de formation professionnelle pour les femmes. Ils ne livrent qu’une partie des besoins de la gent féminine en matière d’autonomisation ou d’émancipation socioéconomique.
Il en est de même de la centrale thermique de 40 MW installée initialement à Antanandrano dans la capitale. Elle a été transférée depuis à Behenjy et à Ambohimanambola à la suite de la pollution sonore et atmosphérique qu’elle a causée aux riverains. Et il ne faut pas oublier qu’aucune étude d’impact environnemental n’a été menée avant l’installation de cette centrale. Et c’est une grave infraction vis-à-vis du décret sur la Mise en compatibilité de l’investissement avec l’environnement (MECIE). Par ailleurs, cette centrale inscrite dans les projets présidentiels contribue aux pertes de la Jirama : elle augmente ses besoins en carburant et donc les subventions que l’Etat doit verser pour le fonctionnement de cette société.
Fanjanarivo