L’entreprenariat, vecteur de développement des PME et outil de formalisation, est encore très peu développé à Madagascar. De façon générale, l’entreprenariat contribue à l’amélioration de la productivité et de la compétitivité, et est souvent source d’innovation, ce qui tend à augmenter la valeur ajoutée de la production nationale.
Par ailleurs, les données publiées par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement , Examen de la politique d’investissement Madagascar indiquent qu’un tissu entrepreneurial fort permet d’augmenter la capacité d’absorption de l’économie locale et, par conséquent, de mieux bénéficier des flux d’IED par une meilleure assimilation des transferts de technologie, des connaissances et par l’intégration dans les chaînes de valeurs des investisseurs étrangers et l’insertion dans le commerce mondial.
Or, à Madagascar, seul 1,23% de la population est répertoriée de manière formelle comme entrepreneur, et la majorité est concentrée à Antananarivo. En effet, les dernières statistiques disponibles indiquaient que plus de 60% des entreprises opèrent dans la capitale malgache (INSTAT, 2006).
En outre, les entreprises malgaches ont une productivité, en moyenne, plus faible que celles d’autres pays d’Afrique subsaharienne et une grande majorité d'entre elles sont informelles (Banque mondiale, 2014b). Les mécanismes et incitations qui permettraient de faciliter leur formalisation manquent ou vont à son encontre, comme par exemple avec la taxe minimum alternative. Cela a un impact concret puisque l’informalité limite les perspectives de croissance des entreprises et, par conséquent, leur rôle dans la création d’emplois et le processus de développement du pays. Plusieurs initiatives de soutien à l’entreprenariat existent, dont certaines se distinguent. Celles-ci incluent, entre autres, la Maison de l’innovation, dont est responsable le Ministre de l’enseignement supérieur et qui comprend un incubateur d’entreprises innovantes qui opèrent dans les domaines les plus recherchés par le secteur privé. Par ailleurs dans le secteur académique, l’Institut supérieur de la
Communication, des Affaires et du Management (ISCAM) a établi récemment un Centre d’Excellence en Entreprenariat. Les partenaires techniques et financiers, tels que PROSPERER et FIDA, ont plusieurs programmes qui réussissent dans l’entrepreneuriat rural. Enfin, les entreprises étrangères, notamment dans le secteur minier, ont développé des programmes de développement des entrepreneurs et de microfinance dans le cadre de leurs programmes de responsabilité sociale.
Cependant, notent les mêmes informations de la Conférence, leur impact pourrait être renforcé par l’amélioration de la coordination institutionnelle. En effet, comme souligné ci-dessus, les programmes de soutien aux entrepreneurs provenant d’une multiplicité d’acteurs, publics, privés, académiques ou encore des partenaires techniques et financiers, sont nombreux, mais souvent isolés. Or, l’activité entrepreneuriale est impactée par plusieurs éléments formant un écosystème. Madagascar a fait des progrès remarquables pour améliorer son cadre réglementaire notamment pour ce qui concerne les procédures de création d’entreprise, même si quelques aspects peuvent encore être améliorés. Toutefois, l’impact des initiatives actuelles est limité en raison de l’absence de cadres politique et institutionnel cohérents.