Pour obtenir la concession des aéroports internationaux d’Antananarivo et Nosy-Be pendant 28 ans, le consortium Aéroports De Paris-Colas Management/Meridian Africa/Bouygues Bâtiment a promis monts et merveilles, notamment l’achèvement de l’extension de l’aéroport d’Ivato pour le Sommet de la Francophonie. Sur la base de cet engagement, ce consortium a remporté l’appel d’offres. Le Sommet de la Francophonie aura lieu dans huit mois. Toutefois, contrairement aux déclarations du Ministre Rivo Rakotovao, tous les experts s’accordent pour dire que les travaux envisagés (à savoir le doublement de la surface actuelle de l’aéroport d’Ivato) ne seront pas achevés dans les délais impartis. Le parking et la piste d’atterrissage seront agrandis tout au plus. Après la pose, en grandes pompes, de la première pierre par le Chef de l’Etat malgache le 9 juillet 2015, le projet s’est rapidement essoufflé. Il faut dire que le consortium français a eu toutes les peines du monde pour boucler le financement auprès des banques locales qui n’avaient aucune garantie de remboursement, compte tenu de la faiblesse du montant des redevances aéroportuaires, lesquelles ne seront optimisées qu’avec la mise en place de l’Open Sky. L’aéroport d’Ivato est loin de répondre aux normes IATA et il ne pourra pas accueillir le flux d’avions et de passagers attendus pour le Sommet de la Francophonie. Avec l’absence d’extension de l’aéroport d’Ivato, il faut s’attendre à une belle pagaille. Pour éviter le mécontentement des 80 délégations étrangères, des corridors spéciaux seront créées mais cela risque fort d’accroître le risque d’attentat terroriste. Sachant que la société Samada sera incapable d’assurer la sécurité aéroportuaire liée à cet évènement, de nombreuses entreprises étrangères spécialisées, pas toujours sérieuses, ont manifesté leur intérêt. Il est utile de rappeler que la société Samada a été récemment condamnée pour concurrence déloyale au préjudice de la société CSPI-Madagascar.

Ranary