Comment le ministère de l’Enseignement Supérieur s’y prend-il pour justifier l’énorme augmentation des indemnités et vacations du baccalauréat, décidée lors du dernier conseil de gouvernement ? D’abord en annonçant que les taux appliqués au baccalauréat n’ont pas été modifiés depuis des années. Ensuite en déclarant que ces taux sont inférieurs aux sommes accordées aux agents qui s’occupent du CEPE et du BEPC au ministère de l’Education nationale. Voilà un gros mensonge et on s’étonne que le ministre de l’Education nationale, Paul Rabary, ait accepté sans réagir une telle énormité. Il est vrai que le gouvernement est la cible de toutes les critiques en ce moment en raison de son inefficacité, et que les ministres se doivent de manifester de la solidarité face aux rumeurs de remaniement. En fait, les sommes remises aux agents qui s’occupent du CEPE et du BEPC sont de loin inférieures à celles appliquées au baccalauréat. Notons d’ailleurs que pendant près de cinquante ans, les agents chargés du CEPE (élaboration des sujets, surveillance, correction etc.) ne percevaient aucune indemnité et s’occupaient de la tâche gratuitement. Ce n’est que depuis 2012 qu’ils ont été rétribués, de façon modeste. Chaque année, les enseignants du primaire et du secondaire se bousculent d’ailleurs pour figurer parmi les agents désignés pour les travaux du baccalauréat. D’abord car les taux appliqués au baccalauréat sont très élevés. Ensuite car les sommes s’y rapportant sont payées rapidement, peu après les épreuves. Pour le CEPE et le BEPC, les montants sont modiques et le paiement est souvent retardé. Raison pour laquelle chaque année à l’approche du BEPC, les enseignants menacent de faire la grève si les indemnités de l’année précédente ne leur sont pas remises.
Qu’on se le dise : dans le primaire et secondaire, les enseignants ont le sens du service public et se chargent de tâches pénibles même s’ils ne sont pas payés, ou s’ils ne sont payés que modestement. C’est dans l’enseignement supérieur que les enseignants réclament à tout bout de champ des indemnités, et font grève quand le paiement tarde. On s’étonne que dans ce relèvement de 75% ( !) des indemnités du baccalauréat, on incrimine les pauvres enseignants du primaire et du secondaire qui ont déjà le plus grand mal à joindre les deux bouts.
A.R
