Le sous-emploi lié au temps de travail affecte plus particulièrement les femmes à Madagascar. Ainsi, plus de la moitié ou plus précisément 52,4% des femmes sont concernées par ce problème selon le rapport 2016 de l’Organisation internationale du travail (OIT) intitulé « Women at work » et publié tout récemment. Ainsi, une large majorité des femmes sont sous-employées par rapport au temps, c'est-à-dire qu’elles travaillent moins qu’il n’en faut en termes de nombre d’heures. Or, le sous-emploi et l’emploi inadéquat (l’emploi qui ne correspond pas aux compétences du travailleur) sont un des facteurs de la pauvreté. Et pour corser la situation, les femmes sont affectées par ce problème, alors qu’elles ne sont pas négligeables dans la balance démographique. Et elles ne peuvent pas compter sur les femmes au pouvoir dans la mesure où ces dernières sont peu nombreuses que ce soit au niveau du parlement, du gouvernement et des autres institutions. Sinon, rares sont les femmes qui arrivent au pouvoir à mener un combat pour l’amélioration des conditions des femmes. Elles se cantonnent dans le secteur où elles sont affectées.
Et s’il faut compter sur le ministère en charge de la Population et de la Femme, quel que soit le régime en place, il n’est pas à même de livrer combat pour les femmes. Ce ministère est depuis longtemps parmi les derniers cadets des soucis du gouvernement en ce qui concerne le budget. Pour 2016 par exemple, il ne bénéficie que d’une maigre enveloppe de 26,2 milliards Ar, alors que la Jirama à elle seule qui laisse dans le noir 85% de la population est dotée d’une subvention de 300 milliards Ar. Le ministère de la Population est pourtant chargé de s’occuper des populations vulnérables dont les femmes, les personnes handicapées… Or, 93% de la population sont considérés comme vulnérables puisqu’ils sont pauvres. Ce qui donne environ 21 390 000 personnes. Avec des calculs simplifiés, cette forte majorité de la population ne bénéficie que de 8 Ar/tête si on se réfère au budget du ministère de la Population. Ce n’est même pas suffisant pour s’acheter un « mofogasy » (une pâtisserie typiquement malagasy à base de farine de riz). Le prix de cette pâtisserie est à 100 Ar l’unité. Comme quoi, la quasi-totalité de la population dont les femmes est le dernier des soucis de l’exécutif.
Particulièrement pour les problèmes de sous-emploi pourtant, ils ne permettent pas aux travailleurs concernés de percevoir un revenu décent, c'est-à-dire à même de les faire vivre. Voilà pourquoi, le travail est dans la plupart des cas un simple moyen de survie à Madagascar. Et les femmes n’échappent pas à cette règle. De plus, la majorité du travail s’exerce dans le secteur informel, lequel n’offre pas des bonnes conditions.
Fanjanarivo
