Beaucoup d’entrain et de gaieté chez l’amiral Ratsiraka, lors de la célébration du 40ème anniversaire de son parti, l’Arema. C’était samedi, au stade annexe de Mahamasina. L’homme a montré une facette peu connue de sa personnalité : le danseur et le chanteur. Au micro, en effet, l’amiral a entonné « Fa maninona an’ialahy » de Rossy sans fausse note. Il est vrai que la fête se tenait sur le territoire de Rossy (par ailleurs chaud partisan de l’amiral), à qui la municipalité a cédé temporairement la jouissance d’une surface dans le domaine du stade de Mahamasina. Après quoi, sur une musique entraînante, qui ressemble à du disco, Didier Ratsiraka a dansé avec un certain sens du rythme. Le tout fut chaudement ovationné par les partisans, ravis de trouver chez leur idole tant de dynamisme à l’âge de bientôt 80 ans.
Notons que pendant 16 ans de Révolution socialiste (1975-1991), l’amiral a mené une vie plutôt austère, pratiquement celle d’un moine-soldat. On l’a vu danser pour la première fois avec son épouse (c’était un slow), lors d’une cérémonie d’anniversaire en 1990. Cette digression a fait sensation à l’époque et fut abondamment médiatisée. Il a poussé la chansonnette pour la première fois à son retour d’exil en 1996, entonnant quelques chansons de Ossy, probablement son idole du temps où il était étudiant en France. Par la suite et rompant totalement avec le maintien rigide du moine-soldat, on l’a vu s’allonger par terre et faire des « pompes », ou courir en levant bien haut les genoux, ou encore chanter des refrains en vogue.
On dit que l’amiral ne veut pas passer pour un « ringard » et s’attache à séduire en vue de… 2018. Il est vrai que le spectacle du chef d’Etat du Zimbabwe, Robert Mugabe, encore au pouvoir à 92 ans, entretient chez lui certains espoirs et lui donne des ailes…
