Contribuant pour 15% du Produit Intérieur Brut à Madagascar en 2013, l’artisanat est un secteur porteur pour l’économie malgache. Caractérisé par un besoin peu élevé d’investissement, ce secteur dispose de fortes potentialités en matière de main d’œuvre et de diversité des matières premières. Concernant spécifiquement le raphia, les opportunités s’offrant aux artisans utilisant ce matériel sont diverses. D’abord, il a une propriété naturelle, entièrement écologique et très manipulable. Ensuite, sa transformation est un travail manuel qui profite à de nombreux villages et en 2010, sa commercialisation à l’échelle mondiale a engendré une entrée de devises de 5.900.millions d’Ariary (209 Milliard d’Ar / an). Actuellement sur le marché international, le « bio » revient en grande pompe. Produits de beauté, médicaments, aliments, et même les matériels à usage courant deviennent tous biologiques. Pour ce qui est de notre île, l’utilisation des sacs en plastique est interdite depuis le début de l’année. C’est alors une aubaine pour nous réorienter vers les produits en raphia avec lequel on peut fabriquer une panoplie d’objets usuels comme les paniers, les sous-assiettes, les chemins de table. Sans omettre les objets de décoration ou les accessoires de mode.

Toutefois, ce domaine est encore négligé. Au contraire, l’exportation abusive de matières premières brutes vers la Chine n’a cessé d’augmenter ces sept dernières années d’après l’Institut national de la statistique (Instat). La valeur de cette exportation a atteint 118 milliards d’Ariary en 2011 contre 50,4 milliards d’Ariary en 2007. Face à cela, où en sommes-nous concernant la poursuite de ces actes malveillants? On entend rarement parler de l’affaire durant ces derniers mois. N’attendant plus de l’aide venant de l’autorité étatique; les artisans et les opérateurs économiques devraient travailler de concert avec les organismes internationaux et nationaux militant dans la protection de l’environnement comme WWF, ONE ou Alliance Voahary Gasy car apparemment c’est un sujet qui est parti aux oubliettes malgré son apport important à l’économie malgache.

Manalintsoa Minoo