On jase encore sur les résultats du concours pour le recrutement de 500 paramédicaux (infirmiers et sages-femmes), appelés à devenir des agents de l’Etat. Sur 1357 candidats en effet, seuls 4 ont obtenu la moyenne requise de 12 sur 20. Pour ne pas mettre une croix sur les 500 postes offerts par l’Etat, le ministère de la Santé (organisateur du concours avec la Faculté de Médecine) a abaissé la moyenne des admis à 10 sur 20. Ce qui a permis de repêcher un grand nombre de concurrents et de porter le nombre des admis à 421. En fait et apparemment, pour obtenir ce quota, la moyenne a certainement été ramenée à 8 voire 7 sur 20, mais le ministère se garde de le divulguer…
Les chiffres mettent surtout en évidence un fait : le niveau ridiculement bas de l’enseignement dispensé dans les instituts de paramédicaux de Madagascar. Ces établissements pullulent surtout dans la capitale, et attirent du monde en raison des perspectives offertes aux élèves par ces concours d’entrée dans la Fonction publique. En abaissant de façon drastique le seuil d’admission « pour ne pas perdre les 500 postes », le ministère de la Santé se comporte avec beaucoup de légèreté. Car les admis sont quand même appelés à prendre en charge des vies humaines, et l’incompétence en matière de santé débouche forcément sur des erreurs médicales mortelles. Signalons que dans les centres de santé reculés, les paramédicaux font véritablement office de médecins. Certains d’ailleurs s’offusquent si on ne les appelle pas « docteur ». Le ministère de la Santé aurait dû éliminer impitoyablement les candidats qui ne sont pas à la hauteur de la tâche qu’on attend d’eux. Ensuite, ce département devrait contrôler le niveau de ces instituts privés qui prolifèrent notamment dans la capitale, et fermer ceux qui sont défaillants. En étudiant la performance de chaque établissement lors de ce concours, le ministère devrait déjà avoir une idée de ceux qui ne méritent pas de fonctionner.
A.R
