Au début de l’année 1947, les troupes françaises qui occupent Madagascar comprennent vite qu’avec leurs deux bataillons, elles ne pourront pas contenir le mouvement insurrectionnel. C’est pourquoi elles réclament des renforts de la Métropole qui s’empresse d’envoyer des maghrébins et des légionnaires, ainsi que des tirailleurs du Sénégal et de Djibouti. Tous ces individus vont obéir aveuglément à leurs chefs militaires sur place tels que le Général Pellet, le Général Pierre Garbay, le Général Casseville et le Commandant Joubert. Ces deux derniers seront les véritables organisateurs de l’exécution des patriotes malgaches enfermés dans les trois wagons plombés de Moramanga en mai 1947. Aucun de ces officiers supérieurs français ne sera condamné. En septembre 1947, le Général Pellet écrira ceci « il serait prématuré d’émettre dès maintenant une opinion sur l’avenir de la rébellion…Pourtant, tous les moyens sont mis en œuvre pour en venir à bout. La tête des chefs insurgés est mise à prix. Des tribunaux d’exception se forment pour procéder à des exécutions exemplaires autour desquelles il est fait grand tapage. Des inculpés soumis à la torture puis corrompus sont envoyés auprès des insurgés comme agents de renseignement… » Cette dernière phrase est particulièrement intéressante. En effet, les agents de renseignement et autres collabos, agissant malgré eux ou de leur plein gré, ont joué un rôle important durant la colonisation. Ils ont été des instruments du pouvoir colonial. En 2016, la France possède encore un vaste réseau d’agents de renseignement et collabos malgaches et franco-malgaches, dont notre journal se fera un plaisir de publier la liste.
Ranary et Fabrice