Après Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana vient d’exprimer publiquement son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2018. Ces deux candidatures sont des messages d’espoirs aux militants respectifs des deux protagonistes de la crise de 2009. Elles constituent également des défis à l’endroit de Hery Rajaonarimampianina qui n’officialisera probablement pas sa candidature avant 2017. Même si les candidatures d’Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana étaient prévues depuis longtemps, elles déstabilisent le régime qui va s’appliquer à relever ces défis sans toutefois livrer bataille. En effet, faute de base électorale solide, Hery Rajaonarimampianina sait qu’il ne fera pas le poids face à ses prédécesseurs, même à grand renfort de fraudes. C’est pourquoi, il a mis en place une équipe restreinte en charge d’examiner en secret les termes d’une réforme constitutionnelle dont le but inavoué est d’écarter Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Comment parvenir à cet objectif ? Hery Rajaonarimampianina ne voit pas pourquoi il ne retoucherait pas la Loi Fondamentale. Il ne s’en privera pas, comme ses prédécesseurs. On se souvient que Marc Ravalomanana a agi de la sorte par le référendum du 4 avril 2007 qui a modifié la Loi Constitutionnelle N°98-001 du 8 avril 1998. Andry Rajoelina n’a pas dérogé à la coutume avec le Décret N°2010-994 du 11 décembre 2010 portant promulgation de la Constitution de la Quatrième République. Pour ne pas avoir l’air de s’en prendre uniquement à Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, le régime va certainement modifier plusieurs dispositions constitutionnelles qui passeront toutes comme une lettre à la poste, par la voie d’un vote parlementaire ou d’un référendum. La stratégie portera vraisemblablement ses fruits grâce au jeu habituel des mallettes et avec les complicités habiles et intéressées de Jean Eric Rakotoarisoa de la Haute Cour Constitutionnelle, de Jean Max Rakotomamonjy de l’Assemblée Nationale et Honoré Rakotomanana du Sénat. Ces individus ont grand intérêt à ce que Hery Rajaonari-
mampianina soit réélu. Cependant, il faut s’attendre à ce que des fractions de l’opinion publique et de la société civile, ainsi que certains hauts gradés militaires et certaines puissances étrangères se mettent en travers de ce projet diabolique qui est un nouveau degré dans la folie politique actuelle.
Phil de Fer et Folojaona