"L' ACM est devenue la risée du monde aéronautique!", constatent des cadres de cette entité. "C'était la honte durant la visite des inspecteurs de l'Union européenne", disent-ils sous le couvert de l'anonymat. "En dépit de tous ses mensonges, notre DG James Andrianalisoa est toujours couvert en haut lieu", expliquent-ils.
A croire les révélations de ces cadres, la mission d'inspection de l'Union européenne a pourtant démontré de nouveau l'incompétence totale de l'ACM et de ses dirigeants. Il en est du CMA, un outil informatique qui permet aux états membres de savoir en temps réel les étapes et diverses actions requises par l’OACI. Madagascar en est doté, mais il a fallu attendre que les inspecteurs européens arrivent pour que l’ACM admette qu’elle ne sait pas se servir de cet outil, ce sont donc les auditeurs qui ont ouvert la session informatique.
Les inspecteurs se sont également intéressés sur les procédures de certification des compagnies aériennes qui font l'objet d'ironie à Ivato. Les rumeurs sur les largesses accordées à Madagascar Airways sont forcément parvenues aux auditeurs. Surtout que ce serait à cause de cette nouvelle compagnie aérienne que le directeur d'exploitation de l'ACM a préféré démissionner. Son remplaçant a été récemment nommé. "Il s'agit de Lantoarimanana Tatamo, un ancien d'Air Madagascar où il était contrôleur junior OPS. L'ACM l'a recruté en 2007 après qu'il a été licencié par la compagnie nationale mais sa qualification ne lui permet pas d'assurer cette position de responsable des sections Navigabilité, OPS et PEL qui sont les trois domaines-clés de la sécurité des vols faisant l’objet de supervision et de surveillance permanente".
D'après toujours nos interlocuteurs, les auditeurs européens étaient surpris d'avoir en face d'eux Jean Charles Ranaivoson en sa qualité de directeur assurance qualité de l’ACM. Il n’est autre que le directeur industriel d’Air Madagascar en 2011. « C’est lui qui avait conduit la compagnie dans la liste noire européenne et les auditeurs se souviennent forcément de lui lorsqu’il exposait à Bruxelles son «root causes analysis des défaillances », rappellent nos interlocuteurs en affirmant que « lors de cette visite, il n’a pas fait mieux en présentant des documents contenant des erreurs, des incohérences et des concepts erronés ».
Bref, ce trio maléfique d’Air Madagascar constitue maintenant le juge de la sécurité aérienne à Madagascar. « Les inspecteurs de l’Union européenne ne sont pas dupes », ajoutent inquiets ces cadres de l’ACM. Ils ne miseront pas un seul ariary pour la sortie d’Air Madagascar de l’annexe B en juin. Le président Hery Rajaonarimampianina quant à lui, veut peut-être encore miser sur ce trio.
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