Outre la crise politique entrainant des problèmes de financement, d’autres facteurs ont influencé négativement la réalisation du droit à l’alimentation dans le pays. La vulnérabilité aux catastrophes naturelles dont les cyclones, les inondations, les sécheresses et les invasions acridiennes, s’est accrue.

Plus, et selon les données de L’Examen Périodique Universel, l’enclavement, l’insécurité, la disponibilité limitée et le coût élevé des intrants améliorés, la faiblesse des services d’appui technique, et le problème foncier sont également à l’origine d’une faible productivité agricole. Les régions du sud de Madagascar sont les plus affectées avec 65 pourcent de la population en insécurité alimentaire dans l’Androy. Cette situation est aggravée par les problèmes d’accès à la santé, à l’eau potable, à l’hygiène et l’assainissement, aux produits de la pêche et aux ressources naturelles telles que la terre et l’eau.

La malnutrition constitue également un problème majeur, particulièrement la malnutrition chronique : 47,4 pourcent des enfants de moins de 5 ans présentent un retard de croissance, taux parmi les plus élevés dans le monde1. La malnutrition chronique résulte de problèmes d’insécurité alimentaire associée à des pratiques alimentaires et d’allaitements inadéquats, des problèmes d’accès à la santé, l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement.

Des efforts ont été déployés par l’Etat malagasy au niveau du cadre juridique et politique, à l’instar de la mise en place du Conseil national de la nutrition et de l’Office national de la nutrition, l’adoption de l’initiative Scaling Up Nutrition (SUN) en 2012 visant la mise à l’échelle des programmes de lutte contre la malnutrition, et l’adoption d’un Plan national d’action pour la nutrition (PNAN II). Il y a lieu toutefois de noter que le droit à l'alimentation n'est pas reconnu de manière explicite dans la Constitution ni dans la législation. Le pays ne dispose pas de politique nationale de protection sociale pour la prise en charge des personnes les plus vulnérables, tandis que les programmes de prévention et de traitement de la malnutrition sont limités.

Aussi, pour Madagascar, est-il recommandé d’élaborer et mettre en œuvre une stratégie de protection sociale intégrée à la stratégie de développement national ; de revoir la politique budgétaire en vue de l’augmentation des dépenses consacrées à la nutrition ; de réformer la législation foncière en vue d’assurer l’octroi de terres aux petits agriculteurs ; et de revoir la réglementation de la pêche pour assurer une pêche durable.

Faut-il rappeler que l’Examen Périodique Universel (EPU) est un mécanisme unique du Conseil des droits de l’homme (le Conseil) ayant pour but d’améliorer la situation des droits de l’homme dans chacun des 193 États membres des Nations Unies. Par ce mécanisme, la situation des droits de l’homme de tous les pays membres de l’ONU est examinée tous les quatre ans et demi.