Moins de 1% du budget de l’Etat est consacré à la jeunesse et aux sports. Et les sports sont privilégiés. Si on ajoute au budget du ministère chargé de la Jeunesse et des Sports celui des ministères qui s’occupent plus ou moins des jeunes (formation technique et professionnelle par exemple), la part allouée à cette catégorie de population reste toujours très modeste, pour ne pas dire ridicule. Sur le continent pourtant, 43% des jeunes affirment que le soutien offerts aux entrepreneurs dans leur pays est juste. C’est ce que l’on peut lire dans le rapport « Azinsha youth entrepreneurship survey 2016 » publié le 29 mars dernier. Azinsha est le prix annuel pour les jeunes entrepreneurs africains décerné par l’African leadership academy en partenariat avec la fondation Mastercard. Pour le cas de l’entrepreneurship des jeunes à Madagascar, ce domaine manque cruellement de soutien de la part du secteur public. Tout au début du régime Rajaonarimampianina, il était question de créer une maison de l’entrepreneuriat. Mais ce projet n’a pas encore vu le jour.
Outre les questions de financement pourtant, les jeunes ont besoin d’une panoplie de soutiens pour percer dans l’entreprenariat. Citons les conseils techniques, l’encadrement en gestion, marketing, recherche de débouchés, transfert de compétences et de technologies… Aucune structure dédiée ne s’occupe de ces différents domaines. Certes, les Centres de gestion agréés (CGA) sont pour les micro-entreprises et les PME mais ils sont peu nombreux. De plus, ils souffrent d’un déficit de communication. Le pays ne compte que 4% de jeunes propriétaires d’entreprise suivant les données du Bureau international du travail (BIT). C’est peu mais c’est un signe comme quoi, des jeunes veulent investir dans l’entrepreneuriat. Seulement, ils manquent de soutien, contrairement à ce qui s’observe en Afrique. Or, ils constituent une part très importante de la structure démographique. Ainsi, ils devraient être un levier de développement mais faute de stratégie, ils deviennent un boulet ou un instrument pour les trafiquants de tout acabit et les réseaux mafieux.
A défaut d’un revenu décent en effet, de nombreux jeunes optent pour le banditisme et la délinquance. Qui sont les auteurs directs des vols de bovidés, des attaques à mains armées, des vols et autres larcins… ? Ce sont des jeunes. S’ils ne sont pas les principaux initiateurs de ces méfaits, ils en sont souvent les bras armés. Toutefois, les jeunes offrent de nombreuses opportunités en matière de croissance et de développement. D’après le rapport cité plus haut, 56% des jeunes entrepreneurs emploient 1 à 5 personnes. Cette proportion est modeste mais si les jeunes peuvent créer leur entreprise, ils constitueront un vivier d’emplois vu leur poids démographique. Et d’aucuns savent que l’emploi est l’un des facteurs clés de la lutte contre la pauvreté. De plus, les jeunes chefs d’entreprise sont plus généreux. D’après le rapport, 47% d’entre eux offrent à leurs employés des primes, 51% des formations, 43% des cadeaux et congés. 37% font participer leurs employés à la réussite de l’entreprise à travers une part aux bénéfices. Et 22% motivent leur personnel par des participations dans l’actionnariat. Pour booster l’entrepreneurship, les jeunes africains estiment que la priorité des priorités est d’enseigner ce domaine à l’école, d’améliorer les infrastructures, d’instaurer des incitations fiscales pour les jeunes entrepreneurs.
Fanjanarivo