La vente sur internet de l’île Valiha, au large de Nosy Be, crée de plus en plus la polémique. Interrogé par la presse sur la question, le ministre Ulrich Andriantiana (Tourisme, Transport et Météorologie) a répondu ainsi lors du week-end :

« L’Etat ne vend pas d’île. Ce qu’il peut y avoir, c’est la cession d’un bail emphytéotique. On médiatise beaucoup cette histoire d’île Valiha je ne sais à quelle fin… ».

Sur internet, c’est une société spécialisée allemande, Vladi Private Islands, qui publie la mise en vente de cette île située à 105 kilomètres de Nosy Be, dans l’archipel Radama. L’île Valiha fait 8 km2, soit 385 hectares, et est proposée à 15 millions d’euros. A l’heure où on s’attache à récupérer les Iles Eparses, la mise en vente de l’île Valiha est très mal accueillie par les internautes malgaches. Beaucoup de commentaires défavorables donc sur le net. Si comme le dit le ministre, l’Etat ne met pas en vente ses îles, deux scénarios peuvent se passer, débouchant sur la publication de l’offre sur internet. Dans les deux cas, des gros bonnets du régime tirent les ficelles dans les coulisses. En premier lieu, aux clients intéressés, on annonce qu’il ne s’agit pas d’une vente mais de l’octroi d’un bail emphytéotique de 99 ans (au moins). Si le client n’y voit aucun inconvénient, les gros bonnets empochent de très grosses sommes. Aucune publicité n’est donnée à la transaction. Chez le public, qui d’ailleurs se soucierait d’une île déserte située à 150 kilomètres de nos côtes ? En second lieu, l’offre peut être un piège pour milliardaires naïfs. Ceux-ci déboursent la somme annoncée et s’aperçoivent un peu trop tard qu’ils ont été dupés, la vente d’une île étant interdite à Madagascar. Pour rentrer ensuite en possession de la somme versée, c’est mission presque impossible… Bref, à un moment où la cupidité et la rapacité sont exacerbées, surtout dans les plus hautes sphères, l’annonce peut être un piège tendu en direction de milliardaires pressés de s’offrir une île de rêve.

A.R