La catégorie des 15-25 ans est la plus concernée et selon l’estimation d’un centre de cure, sis dans la capitale, 73% d’entre eux prennent du cannabis, à raison de 2 à 3 joints par jour. Le phénomène tend à s’aggraver depuis environ 10 ans. Comme quoi, le marché du cannabis est florissant et exacerbe des parents et des écoles, surtout les lycéens et collégiens.
Ces problèmes se traduisent pour ces jeunes, par des mauvais résultats scolaires, de la paresse intellectuelle, psychologique et physique, une attitude agressive notamment à l’école. Déjà que le maintien des enfants et des jeunes à l’école est problématique, notamment, pour des raisons financières : près des 3/4 des collégiens et lycéens se droguent.
Au final, la jeunesse malgache est confrontée à d’intenses problèmes qui auront des graves impacts sur la croissance et le développemen, sur le moyen et le long terme. Elle est, en effet, appelée à devenir pourtant les leaders, les concepteurs, les politiciens, les compétences de demain. Mais de nombreux jeunes sombrent dans les affres du cannabis, alors que le pays souffre déjà du déficit en compétences qualifiées.
Ce déficit s’observe dans des secteurs comme l’industrie extractive (mines, pétrole et gaz), le tourisme, la médecine et de nombreux secteurs scientifiques et techniques, etc. A cause du cannabis, qui mine une forte majorité des jeunes, ce problème risque fort de s’aggraver. Il obligerait même le pays à intensifier l’importation de compétences qualifiées. Une option qui n’est pas dénuée de dangers car cette importation fait émerger des sentiments de frustration chez les ressources humaines locales. Elle pourrait ainsi alimenter des foyers de tensions sociales.
Malgré ces sombres perspectives, la lutte contre la vente de cannabis semble ne pas connaître des résultats probants. Si des actes de banditisme font l’objet d’arrestations régulières, il n’en est rien pour la répression de la vente de cannabis. Et cela fait longtemps qu’aucune opération n’a été menée sur terrain pour éradiquer les plantations de cannabis. Il faut toutefois souligner que cette plante pousse bien non seulement sur les régions côtières, mais également, en abondance, sur les hauts-plateaux.
Certains en font pousser dans leur jardin et ce facteur participe à la montée de la consommation de cannabis. Antananarivo compte le plus de consommateurs car ils sont estimés atteindre 72% de la population. Si les jeunes veulent arrêter de leur plein gré s’ils sont souvent pressés par leurs parents ou leurs écoles, la cure de désintoxication s’étale sur quelques mois. Pour l’heure, rares sont les jeunes à prendre de la drogue dure, genre cocaïne, d’autant plus que ce produit coûte cher et qu’il est plus difficile à trouver pour ces jeunes. Pour le cannabis, l’argent du goûter est suffisant pour se procurer des joints. Notons que la jeunesse est un laissé-pour-compte de l’Etat avec un budget très maigre, moins de 1%.
Recueillis par Fanjanarivo