Le développement du capital humain est un facteur de production essentiel pour un développement durable du pays. La Politique Nationale de Développement 2015-2019 traduisant les principaux engagements du Gouvernement considère ainsi les secteurs sociaux tels que l’éducation et la santé comme des priorités répondant aux besoins vitaux de la population.

Etablie conjointement par la Banque Mondiale et l’UNICEF, cette revue des Dépenses Publiques 2014 présentée officiellement en mars 2016 a permis toutefois de faire apparaitre les points suivants:

Des résultats sociaux peu reluisants

Dans le secteur de la santé, les indicateurs de santé sont en régression ou stagnation (retard de croissance de 50% des enfants de moins de 5 ans, taux de mortalité maternelle de 48 naissances pour 1000 naissances et prévalence de malnutrition élevés), les services de santé sont réparties de manière inéquitable et sont de mauvaises qualités et la politique de recouvrement des coûts constitue un obstacle majeur à l’accès à la santé pour les personnes vulnérables.

Dans le secteur de l’éducation, le nombre d’enfants non scolarisés augmente, la qualité de l’enseignement demeure précaire avec des enseignants peu qualifiés et leur répartition spatiale très inégale, au désavantage net des régions dites vulnérables. En outre, le nombre d’enseignants FRAM s’amplifie et se concentre surtout dans l’enseignement primaire (80%). Et les ménages sont amenés à contribuer de façon croissante dans le secteur, au détriment des ménages peu lotis.

Des facteurs de blocage dans la réalisation d’investissements vitaux pour la population

Le manque de ressources financières est unanimement reconnu. La gestion budgétaire est très centralisée et le dysfonction¬nement du système lié à une forte absorption des dépenses publiques par l’administration et coordination affecte l’impact réel sur la population. Le manque de ressources financières est unanimement reconnu. La gestion budgétaire est très centralisée et le dysfonction¬nement du système lié à une forte absorption des dépenses publiques par l’administration et coordination affecte l’impact réel sur la population.

Les points de réformes à entreprendre

Augmentation des budgets alloués dans les secteurs Education et Santé en fonction des ressources disponibles.

Élargissement de l’espace budgétaire : Poursuite des réformes des finances publiques pour une meilleure mobilisation des ressources internes, développement des outils CBMT et CDMTs .

Besoin de budgétisation et programmation plus éclairée : Harmonisation des mécanismes de budgétisation favorisant l’amélioration de l’efficacité et l’équité de l’allocation de la dépense (mise en lien des résultats de performance et des budgets octroyés, renforcement du mécanisme de suivi des aides des PTfs et ONGs non inscrites dans le Budget), Budgétisation participative.

Amélioration de la qualité des services publics : Harmonisation des décisions budgétaires suivant les dernières mises à jour des cartographies de pauvreté afin de rompre la trappe de pauvreté intergénérationnelle (autrement dit le sacrifice de plusieurs générations) ; Redistribution équitable des ressources budgétaires (déconcentration de l’exécution budgé¬taire)) et des ressources humaines (responsabilisation des CTDs et communautés , maîtrise de la masse salariale pour financer les autres catégories de dépenses, renforcement des compétences…)

Besoin d’accroissement de la capacité d’absorption des ressources (taux de régulation spécifique pour les secteurs sociaux)

Pérennisation des efforts de transparence budgétaire et redevabilité : sortie périodique du Budget de citoyens (BDC) pour toute loi de finance initiale ou rectificative

Source : Conférence sur la Revue des dépenses publiques 2014 –Education,santé du 03/03/2016