Grosse cérémonie lundi à Mandroseza pour la pose de la première pierre de la centrale de production d’eau potable, au bord du lac. Sur place, le président Rajaonarimampianina a évoqué la nécessité de ravitailler la population en eau potable, « pas seulement le Sud, mais tout le territoire de Madagascar ». Les régimes précédents, a-t-il rappelé, ne se sont pas souciés d’étendre la capacité de la station de Mandroseza. Lui, a-t-il ajouté, ne mettra que sept mois pour augmenter l’approvisionnement en eau potable de la zone d’Ivato. Tout cela, selon lui, est destiné à rendre service à la population… Signalons que la construction de la nouvelle centrale est financée à hauteur de 3,7 milliards d’ariary, et devrait porter la production d’eau potable de 160 000 m3 à 260 000 m3.

Pas une seule fois, le mot Francophonie n’a été prononcé lors de la cérémonie. En fait, le nouvel aménagement de Mandroseza devrait servir en premier lieu, non pas le peuple, comme il a été répété au micro, mais le sommet de la Francophonie (et accessoirement celui de la Comesa). Tout indique que la centrale est destinée surtout à la conférence de la Francophonie, d’abord la zone qui sera desservie, Ivato. Ensuite, le laps de temps nécessaire aux travaux, sept mois. Rappelons que le sommet aura   lieu les 26 et 27 novembre, avec des installations qui seront implantées surtout à Ivato (hôtel cinq étoiles, village présidentiel pour les chefs d’Etat, centre de conférence international ou CCI, aéroport et salons VIP, voie rapide, etc.).

En tout cas, 3 500 visiteurs sont attendus au sommet, lesquelles seront servis par un effectif de 7 000 personnes environ. Cet afflux soudain de 10 000 personnes exige une augmentation de l’approvisionnement en eau. Non pas l’eau jaunâtre qui coule du robinet en un mince filet, mais une eau de qualité et en suffisance pour des personnalités de haut rang venant du monde entier.

Bref, l’aménagement très coûteux de Mandroseza est destiné en premier lieu à la Francophonie, et non à la population comme le veulent les discours officiels. Même topo pour la centrale d’Ankadivoribe, inaugurée par le chef de l’Etat dans la même journée. L’eau n’est pas destinée en premier lieu à la population de l’Atsimondrano, comme il a été dit dans les allocutions officielles, mais au chef d’Etat et à sa famille qui résident à plein temps au palais d’Iavoloha, ainsi qu’aux fonctionnaires et aux militaires de la garde qui résident sur le site. Halte, donc, aux discours « démago » car ces installations servent surtout le régime et non la population.

  1. R.