La mise en œuvre des réformes soutenues par le Programme d’appui aux reformes de la gestion économique (PARGE) contribuera, avec l’appui des autres partenaires au développement, à la création d’un espace budgétaire pour financer les projets et programmes de développement issus du PND. Et selon les informations rendues publiques par l’Afdb, il est indiqué, surtout, que les principaux résultats suivants sont escomptés du programme: (i) l’amélioration du niveau des recettes fiscales de 9,9% du PIB en 2015 à 11,5% du PIB en 2016; (ii) une réduction des dépenses non productives de 0,9% du PIB entre 2013 et 2014 à 0,6% du PIB entre 2015 et 2016; et (iii) une amélioration du taux d’investissement public et privé de 3,9% et 11,6% du PIB en 2014 à environ 5% et 13% du PIB en 2016 respectivement.

Le PARGE est aligné sur la Stratégie décennale de la Banque (SLT) 2013-2022 et sur le Document de Stratégie Pays intérimaire (DSPi) 2014-2016. Ce programme de réformes, contribue au niveau du DSPi, à la réalisation des actions prioritaires du pilier I de ce DSPi « Renforcement de la gouvernance en vue de la consolidation de l’Etat », et plus spécifiquement aux axes suivants dudit pilier : « Renforcement de la gestion budgétaire » et « Stimulation de l’investissement privé ». Au vu des réformes soutenues par PARGE dans les secteurs sociaux et la promotion des investissements dans l’industrie, les résultats de ce programme contribueront aux « High 5 » de la Banque en particulier « Nourrir l’Afrique », « Industrialiser l’Afrique » et « Améliorer les conditions de vie des populations ». En outre, l’opération est alignée sur : (i) deux des trois Piliers du Plan d’action pour la gouvernance 2014 – 2018 (GAP II) , relatifs à la « Gestion du secteur public et gestion économique » et au « Climat de l’investissement et des affaires » ; (i) le pilier I relatif à l’amélioration de l’environnement des affaires, à travers l’accélération des réformes structurelles importantes visant la promotion des investissements privés de la Stratégie de Développement du Secteur Privé de la Banque 2013-2017. Ce Programme est aligné sur la Stratégie des pays en transition intitulé « Stratégie pour remédier à la fragilité et renforcer la résilience en Afrique 2014 – 2019 », notamment sur l’axe stratégique N°1 « Renforcer les capacités de l’État et soutenir des institutions efficaces » en vue de faciliter la création d’emplois.

Dans ce contexte, la même source fait état, notamment, que les défis post-crise de Madagascar persistent encore en 2015 malgré le retour à l’ordre constitutionnel, notamment : (i) la faiblesse du recouvrement des recettes internes ; (ii) la nécessité de libérer le potentiel économique du pays afin d’assurer une croissance inclusive et soutenue. Au regard de cette situation, il est impératif de consolider les acquis des programmes précédents à travers l’élargissement de l’espace budgétaire et l’octroi d’une Garantie Partielle de Crédit (GPC), en vue de dégager des ressources additionnelles pour accélérer la relance économique. En effet, la GPC d’un montant de 40 million USD permettra de lever 55 million USD sur le marché de la syndication bancaire national et international correspondant à une partie du besoin de financement de l’année 2015.

Les partenaires au développement à Madagascar ont relancé le mécanisme de coordination en termes de dialogue politique, d’alignement et d’harmonisation des interventions. Ils coordonnent leurs activités à travers les groupes sectoriels et thématiques. La Banque participe activement à ce processus dans le cadre du groupe finances publiques/Appui budgétaire en vue d’assurer une meilleure coordination des réformes structurelles et conjoncturelles importantes avec la Banque mondiale, l’Union européenne, le Fonds monétaire international et l’Agence française de développement. Les réformes du PARGE ont été préalablement discutées avec les partenaires susmentionnés, et choisies en fonction des avantages comparatifs et de la valeur ajoutée de chaque institution dans une logique d’harmonisation, conformément à la Déclaration de Paris et aux principes de Busan sur l’efficacité de l’aide développement.

Le PARGE est une opération innovatrice susceptible de donner plus de visibilité à la Banque. Car il s’agit du premier appui budgétaire accompagné d’une GPC - FAD d’appui aux réformes. En plus de l’expérience régionale importante à travers ses interventions en soutien aux réformes économiques dans les états fragiles et son approche holistique et intégrée, combinant appuis budgétaires généraux et appuis institutionnels, l’opération permettra à Madagascar d’accéder aux marchés financiers, de mobiliser des fonds privés, de prolonger les échéances des dettes et de réduire les coûts d’emprunt pour le financement du déficit budgétaire. Sans la GPC, Madagascar aurait peu de chance de bénéficier de conditions de financement favorables sur le marché de la syndication bancaire national et international ; et d’atteindre les objectifs fixés dans le cadre de l’agenda de l’investissement public du gouvernement.

En outre, les données de l’Afdb mentionnent, entre autres, que le PARGE aura un impact favorable sur le genre en général et la condition des femmes en particulier, notamment à travers les réformes structurelles importantes au niveau du renforcement du capital social ainsi que par le biais des investissements publics dans l’éducation, la santé et la protection sociale. L’engagement des autorités sur les planchers de dépenses sociales sont des actions qui contribueront à court terme à faire face aux urgences sociales issues de la crise au niveau des couches les plus défavorisées en occurrence les femmes et les jeunes.

Le dialogue avec les autorités malgaches sur les réformes économiques du Programme s’est déroulé de manière transparente, consultative et en concertation avec les autres partenaires au développement dans le cadre du groupe « Partenariat Appui budgétaire/Finances publiques ». Il a porté sur les domaines suivants : (i) l’élargissement de l’espace budgétaire nécessaire au financement des programmes du PND à travers l’amélioration de la mobilisation des ressources publiques et la rationalisation et la maîtrise de la dépense publique; et (ii) la promotion de la reprise économique à travers l’amélioration de l’efficacité des dépenses sociales et d’investissement public ainsi que la promotion de l’investissement privé.

Ce dialogue sera soutenu par des travaux analytiques des projets d’appuis institutionnels (projet d’appui à la gouvernance institutionnelle – PAGI; projet d’appui à la promotion des investissements – PAPI), à savoir : (i) l’élaboration de la stratégie de modernisation de la gestion des finances publiques; (ii) l’étude sur la mobilisation des recettes internes et l’adressage de la ville de Tuléar; (iii) l’étude sur la dématérialisation du traitement des opérations comptables pour une amélioration du contrôle de l’utilisation des ressources publiques; (iv) l’étude sur la stratégie et plan d’action sur les opportunités d’investissements dans le secteur textile; et (v) l’étude de faisabilité pour la mise en place d’une zone économique spéciale.