L’information scientifique et technique est un élément stratégique pour le développement socioéconomique et culturel. Mais le secteur n’est régi par aucune loi. C’est le constat du Consortium des centres de diffusion de l’information scientifique et technique et des centres de ressources documentaires à Madagascar (CONSIST). Il évoque la nécessité pour le pays de disposer d’une politique nationale de l’information documentaire. C’était hier au CITE Ambatonakanga lors de la présentation des actes du séminaire international qu’il a organisé en octobre dernier à la bibliothèque et archives de l’Université d’Antananarivo. Cette politique permettra d’encadrer le secteur, de structurer les entités qui y travaillent, de renforcer la professionnalisation… Le consortium ne se contente pas de lancer des recommandations. Il va élaborer les référentiels des métiers liés à l’information documentaire d’ici novembre. Ces référentiels serviront de cadre à la profession et permettront de structurer ces entités.
Marcelline Razafimbelo qui représente le Centre d’information et de documentation scientifique et technique (CIDST) au sein du CONSIST remarque, en effet, que nombreux sont les employés de centres de ressources documentaires et bibliothèques à ne pas savoir ce qu’ils doivent faire exactement. Les référentiels vont répertorier les métiers du secteur et serviront d’outil de gestion efficace des compétences. Avec les structures dédiées à l’information documentaire, ils constitueront un des éléments-clés de la future politique nationale. Il faut d’ailleurs souligner que l’information documentaire voit l’émergence de nouveaux métiers, rien qu’avec l’avènement de l’internet. Ainsi, les bloggeurs et les ingénieurs de l’information documentaire font partie de ces nouveaux métiers, encore inimaginables il y a 20-30 ans de cela. C’est dans ce sens que le consortium fait appel à tous les acteurs concernés, publics et privés, à prendre part à l’élaboration des référentiels. En outre, il organisera une formation sur la gestion de bases de données numériques, sur la conservation et archivages numériques.
Et en novembre, une formation sur le patrimoine est également prévue. La formation est, en fait, une des recommandations prioritaires du séminaire. Elle a pour objectif de professionnaliser les différents acteurs de l’information documentaire, d’une part, et d’autre part, de valoriser et d’autonomiser le parcours intitulé Information documentation, archivistique et muséologie (IDAM) du département d’Histoire de l’Université d’Antananarivo. Bien avant ces différentes activités, le consortium a déjà dispensé des formations pour les étudiants, pour les gestionnaires de centres d’information et de documentation des lycées d’Analamanga. Il a également édité un manuel pour ces gestionnaires. Et tous les ans, il organise un événement baptisé « Croc la doc » pour faire connaître les offres des centres d’information et de documentation auprès des utilisateurs. Quant au séminaire de l’année dernière qui a compté 343 participants issus de différents horizons, c’était une première et il a vu la participation dynamique d’éminents professionnels reconnus à l’international issus du Sénégal, des Etats-Unis, de France…
Fanjanarivo