Que l’ancien Premier Ministre Jean Ravelonarivo ait dit ne plus vouloir polémiquer par rapport à sa lettre de démission datée du 10 avril et qui prend effet le 8 avril, c’est tout en son honneur. Que les fervents défenseurs du Chef de l’Etat disent qu’il faut avancer et qu’il est inutile de faire toute une histoire sur cette démission ou pseudo-démission, c’est leur rôle. Que les citoyens sortent des termes tels que « indigne », « honteux », « pathétique »,

« scandaleux », « on est tombé bien bas » par rapport à cette histoire de date c’est plus que normal. Que la Haute Cour Constitutionnelle, les juges constitutionnels qui la composent restent dans un tel mutisme c’est compréhensible lorsque telle Cour est devenue la voix de son maître et sourde des autres voix. Il est vrai que des décisions prises par la HCC ont choqué plus d’un et ont fait la risée d’universitaires spécialistes du Droit Constitutionnel à l’extérieur de Madagascar ; il est vrai que les malgaches n’attendent plus rien de la Haute Cour Constitutionnelle qui avec ses interprétations fallacieuses et des décisions beaucoup plus politiques que techniques qui violent tranquillement la Constitution a perdu de sa crédibilité ; il est vrai que si elle se met à parler aujourd’hui plus personne ne l’écoutera…mais peut-être devrait-elle avoir un léger sursaut d’éthique et de conscience, un éclair de lucidité en pensant à ce que ses membres laisseront comme lourd fardeau à porter pour leurs progénitures ? Les citoyens ont besoin d’entendre une voix censée, mais la HCC ne l’est pas. Les citoyens sont fatigués d’entendre des voix discordantes de personnes qui prétendent chacune s’y connaître en droit constitutionnel mais qui au final ne songent qu’à garder un siège doré ou à reconquérir un siège perdu. Les citoyens sont fatigués de voir les mêmes têtes, chacune en arborant un titre qui ne leur ouvre aucune porte au-delà de nos frontières, prétendant chacune avoir une interprétation du tonnerre, coiffant le temps d’une interview à la radio, dans la presse et à la télévision le titre de spécialiste soit du droit constitutionnel soit des sciences politiques. Si la HCC n’est pas tombée dans le piège de la soumission, si la HCC avait gardé sa posture de gardien de la Constitution en ne faisant pas des interprétations fallacieuses de la loi fondamentale, si la HCC avait compris que son rôle n’est pas de faire de la politique ni de faire allégeance à son autorité de nomination, elle aurait pu aujourd’hui expliquer aux malgaches le bien-fondé ou non de cette démission qui prend effet de manière rétroactive. Son silence est dès lors compréhensible pour la simple et bonne raison qu’elle n’est plus crédible…et à coup sûr ses membres chacun en ce qui les concerne en sont probablement conscients !

Anaïs T.