Lors de son premier discours, Olivier Mahafaly a annoncé la couleur. Sa mission sera placée sous le signe du combat. On comprend la fougue et le zèle du nouveau Premier Ministre qui, en succédant à un général, doit placer la barre très haute. Pourtant, la rhétorique militaire pourrait ne pas suffire. Olivier Mahafaly va combattre qui ? Va-t-il combattre ses propres compatriotes, ou alors ceux qui les affament ? Annonce t-il une répression au quotidien ? Il va combattre quoi ? La corruption ? Elle est gravée dans la pierre. La misère ? Il faudra un siècle pour en venir à bout. L’insécurité ? Le bilan d’Olivier Mahafaly en tant que premier responsable de la sécurité intérieure ne plaide pas en sa faveur. Combattre comment ? Quand on a l’ambition de livrer une grande bataille, on évalue d’abord les moyens en sa possession. On ne va pas guerroyer avec un sabre en bois et surtout, on ne commence pas par mendier aux bailleurs de fonds. Olivier Mahafaly a le devoir de nous faire rêver mais il n’est pas obligé d’en faire trop en jouant à Joe Rambo avec un couteau entre les dents. Madagascar n’a pas besoin d’un va-t-en-guerre qui n’a pas la force de porter une armure, ni d’un Don Quichotte qui se bat contre des moulins à vent. Les malgaches ont besoin d’un Premier Ministre qui soit à la hauteur de ses attributions prévues par la Constitution et qui soit efficace dans ses réformes structurelles mais non pas d’un Premier Ministre dont le seul combat sera de faire réélire le Chef de l’Etat.

Phil de Fer