On est aux portes de l’hiver, l’hiver et ses pollutions sonores qu’il emmène dans son sillage à Madagascar. En effet les us et coutumes de notre pays comme le retournement des morts ainsi que les circoncisions se passent durant cette période devenue festive. Alors la fête et son alter ego la musique vont se répandre partout et sous toutes les formes. Cette velléité de faire la fête malgré la pauvreté ambiante qui sévit chez nous, nous est spécifique et je trouve que ce n’est pas un mal en soi car il est vrai que les malgaches aiment la musique et poussent la chansonnette dès qu’ils peuvent le faire pour oublier certaines facettes peu reluisantes de la vie. On dit aussi que «la musique adoucit les mœurs» toutefois, elle nous agresse quand on fait du n’importe quoi avec. Effectivement d’un côté il y a un niveau élevé de décibels qualifié de pollution sonore, là où aucune oreille de mélomane avertie n‘est plus capable d’être réceptive aux nuances musicales de la chanson en cours quand la fonction abrutissante de cette dernière évolue dans la démesure. De l’autre côté, quand des voix et musiques amplifiées sont truffées de fausses notes qui nous font sortir de notre confort auditif. Dans ce dernier cas, la mélodie musicale espérée s’est transformée en instrument de torture de nos oreilles soumises à dure épreuve.

Vu sous ces angles, le dosage du son est une affaire de professionnel évoluant dans un cadre qui s’y prête. Et c’est pour cela que le métier d’ingénieur du son existe, nous permettant de ménager nos tympans dans les diverses manifestations dans lesquelles il officie.

Actuellement une pratique sauvage faite par des néophytes sur l’utilisation de sonorisation de plus en plus puissante est constatée dans tous les coins et recoins de la ville d’Antananarivo. De par l’existence même de ces exactions sonores dans un arrondissement, dénotant l’incompétence du maire, du chef fokontany et des policiers en poste qui ignorent les lois en termes de sonorité y correspondant et participant ainsi à la descente aux enfers des malades, des étudiants et travailleurs intellectuels des quartiers environnants.

Prenons par exemple les journées du vendredi, samedi et dimanche dans le quartier de Manjakaray, une organisation festive (cheval de bois et autres…) envoie régulièrement à la puissance maximale leur matériel de sonorisation, empêchant la tenue d’une conversation normale à Ankorondrano situé à plus d’un kilomètre de ces lieux. En termes de santé chez les enfants et même chez les grandes personnes, les dégâts psychologiques occasionnés par l’exposition à ces décibels dépassant largement les normes requises dans la durée peuvent être irréversibles.   Pour éviter ces errements dans le délire collectif qui ne sont pas toujours la faute des protagonistes, et ce malgré l’adage «Nul n’est censé ignorer la loi» en tant que SENTINELLE on préconise qu’il y ait une remise à niveau de tous les responsables dans le domaine de l’instruction civique, afin qu’ils puissent éduquer et encadrer la population qui n’est nullement responsable des décennies dans lesquelles on l’a maintenue dans le giron de l’inculture. Ces élus et fonctionnaires au pouvoir actuellement sont maintenant confrontés à leur devoir qui est de suppléer aux insuffisances éducatives du peuple, en participant d’une manière effective à la défense de leurs administrés sur toutes sortes d’agressions qu’ils peuvent subir. Pour que puisse perdurer le mieux vivre ensemble, il faut qu’il y ait respect des lois qui nous régissent.

On revient encore sur cette notion d’Etat de droit qui nous a toujours fait défaut depuis des lustres. L’application effective de ce concept participe à la valorisation d’une personne dans un pays ; moins l’Etat de droit est appliqué, moins l’humain est considéré, c'est-à-dire que la valeur de la vie des citoyens du monde n’est pas la même si l’on se réfère aux traitements des informations concernant les crimes internationaux et aux réactions médiatiques qui s’ensuivent. Cette réalité dure a digéré malgré la dénégation de certains sophistes, dépend surtout de la nationalité de l’individu donc du mode de gouvernance de son pays. On voit maintenant apparaître dans le monde la hiérarchisation humaine des victimes dans laquelle la vie d’un blanc est cent fois plus considérée et médiatisée que la perte de centaines de vies de noirs, jaunes ou autres, et pire encore on en arrive maintenant à la hiérarchisation des catastrophes. Si c’est le cas qui prévaut actuellement dans le monde, à qui la faute ? On récolte toujours ce que l’on a semé. Le laxisme dont nous avions fait preuve jusqu’ici en termes de mesures préventives de la vie humaine a fait en sorte que notre existence est réduite au rang d’animal de consommation. Pour remédier à cet état de chose, on doit commencer par sensibiliser la considération des responsables à tous les niveaux sur la condition de vie de chaque citoyen en faisant prévaloir l’intérêt général aux intérêts particuliers…  

Max Randriantefy