Vieille de 55 ans, l’université d’Antananarivo Ankatso a vu défiler toutes les saisons en gardant le même paysage. Gros bâtiments à l’air résistant, jardins ici et là. Ces anciens édifices, quoique robustes d’apparence, cachent de grosses faiblesses, l’usure de leurs longues années d’existence. En effet, vitres cassées, portes abimées, ampoules brûlées, voilà, entre autres, l’image donnée par les locaux d’Ankatso.

En outre, aucune condition climatique ne leur est clémente. En effet, à l’intérieur de ces bâtiments, règne un froid terrible. A l’instar des locaux de la faculté de Droit, d’Economie, de Gestion et de Sociologie (DEGS), les étudiants travaillent dans des salles très froides le matin, tandis que l’après-midi, le soleil brûle ceux qui se trouvent sur son chemin. En outre, pendant les saisons de pluie, bureaux et salles de classes sont inondés, vu le mauvais état de la toiture. Quant aux jardins de l’université, n’en parlons plus. De mauvaises herbes envahissent les banquettes de pierre qui sont, elles-mêmes, presque toutes démontées.

D’un autre côté, vu la pauvreté qui règne dans tout le pays, aller dans une université publique représente une aubaine. Cependant, malgré les 27 000 et quelques nouveaux bacheliers pour chaque année, seuls 8 000 à 8 500 peuvent intégrer l’université d’Antananarivo, pas seulement à Ankatso mais dans toutes les écoles qui lui sont également rattachées. En effet, la capacité d’accueil de l’université est limitée à 30% de l’effectif annuel des nouveaux bacheliers. Ce qui fait que les autres 70% doivent payer pour pouvoir suivre leurs études supérieures, ou à défaut, abandonner les études et chercher du travail.

Alors que, toujours, pour le cas de la faculté DEGS, le long jardin de la face droite des bâtiments principaux a été détruit au profit de nouveaux bâtiments en renfort aux anciens. Construits depuis plus de 4 ans, seule, une grande salle est encore opérationnelle et est devenue aujourd’hui le centre de ressources sur les Droits Humains, les autres restent jusqu’à aujourd’hui, inachevées voire tombent, de jour en jour, en ruines. Comme raison, l’Etat n’a pas les moyens de finir les travaux et d’équiper ces salles quasiment terminées.

En effet, c’est ce manque d’argent qui génère toutes ces grèves. Toutefois, il n’est pas admissible que pour recevoir le sommet de la francophonie, l’Etat déploie toutes ses ressources. Village de la francophonie avec les routes rattachées, gares routières, etc. Alors que pour offrir aux 70% des nouveaux bacheliers l’opportunité de poursuivre des études supérieures dans les établissements publiques, il est impossible pour l’Etat de faire quelques concessions, sur les budgets de fêtes et cérémonies, par exemple.

Une question se pose alors. L’Etat n’a pas d’argent tout court ou juste pour l’étude de ses enfants ? En fait, le domaine de l’éducation reste un secteur déconsidéré. Le salaire des enseignants FRAM, les bourses des étudiants, notamment, ceux de la médecine, etc., et voilà qu’est également mis en exergue le problème d’infrastructures de l’université. Bref, du préscolaire à l’enseignement supérieur, rien ne va normalement.

Dans quel but ? D’abaisser le niveau d’éducation des Malgaches afin de mieux les exploiter ?  

Aina A.