Les spécifications de l’huile lourde ou fuel oil concernant notamment la teneur en soufre ne permettent pas jusqu’ici d’écouler l’huile lourde de Tsimiroro sur le marché malagasy. Ces spécifications ont été mises en place l’année dernière. Et elles ne peuvent que susciter l’étonnement quand on sait que l’huile lourde de Tsimiroro a une teneur en soufre inférieure à celle des nouvelles spécifications. Autrement dit, elle pollue moins. De plus, elle est produite localement et devrait donc être très compétitive par rapport au produit importé. Soit, l’unique compagnie pétrolière qui importe le fuel oil fait du lobby pour bloquer l’huile lourde locale. Dans ce cas, il aurait l’appui de responsables en haut lieu. Soit, le ministère en charge des Hydrocarbures ne prend pas en compte les différents avantages comparatifs du produit local pour on ne sait pourquoi. On attend la décision de Rodolphe Ramanantsoa, nouveau ministre de l’Energie et des Hydrocarbures. Rappelons que des tests ont été déjà engagés avec des potentiels grands consommateurs de l’huile lourde de Tsimiroro. Citons la Jirama et Holcim.

Le cimentier a fourni dernièrement les résultats probants du premier test et va en effectuer un autre pour vérifier ces premiers résultats. Quant à la Jirama, aucune information n’a été rendue publique sur les tests qu’elle a menés sur l’huile de Tsimiroro. Ceci expliquant cela, la situation est claire : la Jirama censée être le premier gros client de Tsimiroro semble traîner les pieds pour utiliser ce produit. Or, elle croule sous les pertes et doit engloutir l’argent des contribuables pour fonctionner. Des sources concordantes avancent que depuis quelques temps, Madagascar oil, la compagnie qui exploite Tsimiroro a déjà arrêté la production. La raison en est que les cuves sont remplies puisque leur contenu n’est pas évacué. Le 18 février dernier lors de la signature du Plan de gestion environnemental (PGE) de Madagascar oil à l’Office national pour l’environnement (ONE), les responsables de la compagnie ont affirmé qu’elle travaillait avec l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) et le ministère de pour de nouvelles spécifications concernant l’huile lourde de Tsimiroro.

Deux mois plus tard, le texte devant définir lesdites spécifications n’est pas encore sorti. Toutefois, ces 2 mois sont synonymes de plus de 16,4 milliards Ar de subventions pour l’achat de carburant de la Jirama. En effet, ce poste de dépenses devrait être financé à hauteur de 200 milliards Ar cette année, les 100 milliards Ar restant étant pour d’autres postes. Sur le marché international, l’huile lourde est 2 fois moins chère que le gasoil. Si la Jirama achète ce produit sur le marché local, il coûtera encore moins cher. Mais il ne faut pas oublier que le futur premier client de Tsimiroro est la centrale de Mandroseza de 40 MW. Sa remise en état est prévue pour les prochains mois. Si Mandroseza fonctionne, il devra acheter de l’huile lourde importée si Tsimiroro ne bénéficie pas d’un texte autorisant sa vente sur le marché local.

Fanjanarivo