Des milliers de Malgaches se sont battus pour la France pendant la Seconde Guerre Malgache. Ceux qui en sont revenus ont été attristés par le fait que des Français ont massacré leur famille à Madagascar en 1947. Ces anciens combattants se sont sentis trahis par la France. Leur sentiment de rage a été consolidé par l’hypocrisie de la France qui a accueilli sur son sol le 10 décembre 1948, les Etats membres formant l’Assemblée Générale des Nations-Unies qui ont adopté la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Malgré cette dernière, la France a continué dans sa lancée puisqu’elle a torturé et tué, par milliers, des Ivoiriens en 1949, des Camerounais en 1955 et 1960, des Algériens en 1956 et 1957 et des Djiboutiens en 1967. Elle s’en est donnée à cœur joie comme les nazis quelques années auparavant. On se souvient que le 10 mai 1947, l’écrivain Albert Camus a dénoncé la férocité de la répression française à Madagascar, en déclarant ceci : « Nous faisons ce que nous avons reproché aux Allemands de faire ».

La France aurait pu faire amende honorable en indemnisant les familles des victimes de ses crimes coloniaux mais il n’en est rien. Pour la France, il faudrait se contenter de tourner la page du livre de la colonisation et prêter une allégeance inconditionnelle à la Francophonie qui est l’antichambre d’un néocolonialisme actif.

Ranary et Fabrice