Lorsque les magistrats se mettent en grève, ils sont rapidement écoutés par les autorités. Pourquoi celles-ci se montrent elles si méprisantes lorsque les greffiers et les agents pénitentiaires réclament leurs droits et une amélioration de leurs conditions de travail ? Certes, quelques greffiers et agents pénitentiaires sont corrompus et incompétents mais dans leur grande majorité, ils sont consciencieux et travailleurs. Pourquoi le régime s’obstine t-il dans l’erreur alors que ces hommes et ces femmes ne demandent pas plus que ce qu’on leur doit ? Le régime sous-estime à tort les revendications des greffiers et des agents pénitentiaires mais surtout les conséquences d’une grève prolongée. Les greffiers et les agents pénitentiaires font partie d’un engrenage. La machine judiciaire s’enraye lorsque les greffiers n’assistent pas les juges lors des audiences. Personne ne peut remplir le plumitif d’audience. La machine judiciaire se grippe aussi quand les agents pénitentiaires n’accueillent pas les nouveaux prisonniers et ne surveillent pas les anciens. Si ces grèves s’intensifient, la reprise d’activités deviendra compliquée car les procédures judiciaires sont soumises à des délais légaux. Faute de greffiers, les justiciables ne pourront pas exercer les voies de recours. Faute d’agents pénitentiaires, les prisons menacent de se vider. En faisant la sourde oreille, le régime favorise la paralysie de l’appareil judiciaire et les évasions. Il accroit également le mécontentement populaire.
M. GASPARD
