Actuellement, la circulation est un problème partout. Hormis le mauvais état des routes, il y a aussi et surtout l’état piteux des voitures qui y circulent. Face à ce problème, la Direction Générale de la Sécurité Routière (DGSR) descend sur terrain et effectue des contrôles inopinés. Ces agents vérifient les voitures en circulation. Pour ce faire, ils se placent sur des points spécifiques (Andavamamba, Mahamasina, etc). De là, ils arrêtent les voitures susceptibles de défaillances techniques, en particulier les transports publics.

Cette initiative part, certes, d’une bonne intention, celle de vérifier la bonne marche et le bon état de ces voitures afin d’assurer la sécurité routière. L’état des transports publics est, effectivement, souvent mauvais. A part la forme (portière à fermeture difficile, sièges instables, etc.), notons les défaillances de fond telles que les freins, la direction, etc. Il y a également le bruit encombrant du moteur lorsqu’il est en marche, les balancements qu’il occasionne ou encore la fumée abusive qu’il produit.

Toutefois, il faut avouer que ces contrôles inattendus dérangent. En effet, déjà, la fluidité de la circulation étant déjà difficile à maintenir, il faut aussi que ces agents du centre de visite retiennent les voitures, notamment les bus, dont les passagers ont déjà pris du retard, un bon bout de temps et pendant leur service, pour effectuer des contrôles superficiels comme le capitonnage des sièges, la facilité d’ouverture des vitres, la propreté à l’intérieur des voitures, etc.

Ces vérifications sont effectuées dans le but de détecter les irrégularités techniques des voitures. Ainsi, à chaque fois qu’une voiture est jugée contrevenante, les agents vérificateurs retirent immédiatement ses papiers. Papiers qui ne seront, normalement rendus, qu’une fois les réparations effectuées. Cependant, s’il y a une voie normale, il y a forcément une voie anormale. En effet, l’un des chauffeurs à qui les agents ont retiré la carte de visite technique, est resté indifférent quant aux sanctions qu’on vient de lui imposer. Pour sa part, il ne compte pas réaliser les réparations exigées de lui, il préfère verser des pots-de-vin aux responsables pour que ses papiers lui soient rendus et qu’il puisse de nouveau travailler librement. Chemin emprunté par la plupart des contrevenants. Mais la faute n’incombe pas uniquement à ces derniers. La part de responsabilité de la police est indéniable. En effet, c’est la complicité des deux parties qui fait que l’état des transports en commun se dégrade de jour en jour. Pas étonnant que la sécurité sur la route, à Tana, demeure précaire.

Cela remet en question l’intégrité et la conscience professionnelle des deux parties. Pour la part des transports en commun, cela traduit une menace à la vie des passagers ; pour celle de la police qui accepte cette corruption, cela traduit une minimisation du serment qu’il a prêté et une injure à sa fonction régalienne.

Finalement, on se demande si la vraie finalité de ces contrôles inopinés n’est pas d’augmenter la corruption.

Aina A.