En cumulant les fonctions de Premier ministre et de ministre de l’Intérieur, Mahafaly Olivier a provoqué le mécontentement d’une aile du syndicat des administrateurs civils (Synad). Selon ce groupe, le geste équivaut à un manque de confiance à l’endroit des administrateurs civils du ministère de l’Intérieur, dont beaucoup peuvent avantageusement occuper la fonction. En tout cas, Mahafaly Olivier n’est pas le premier chef de gouvernement à pratiquer le cumul de fonctions. Sous Marc Ravalomanana en janvier 2007, le général Charles Rabemananjara nommé Premier ministre conserva son précédent poste de ministre de l’Intérieur. Au début de l’ère Rajaonarimampianina en avril 2014, le médecin Kolo Roger, désigné Premier ministre, prit aussi en charge le ministère de la Santé Publique.
Cependant, cette accumulation de postes n’a pas porté chance, les deux Premiers ministres ayant terminé leur mandat dans des conditions mouvementées. Ainsi en mars 2009, sous la pression d’un mouvement de rue et surtout d’une aile de l’Armée, Marc Ravalomanana a dissous brutalement le gouvernement du général Charles Rabemananjara et a remis le pouvoir à un directoire militaire. En janvier 2015, soit neuf mois après sa nomination à la Primature, le Dr Kolo Roger démissionna sous la contrainte des députés de la majorité présidentielle et aussi de barons de la Présidence de la République. L’homme a fait de la résistance pendant plusieurs jours avant d’abdiquer, la mort dans l’âme… Peut-être poursuivi toujours par le mauvais sort, il a vu récemment le perchoir du Sénat lui échapper, alors qu’il était promis au poste de président de cette institution.
Quelle leçon en tirer ? Si le général Charles Rabemananjara et le Dr Kolo Roger n’avaient pas cumulé les fonctions et dispersé ainsi leur énergie, ils auraient peut-être évité les turbulences qui ont mis brusquement fin à leur mandat. S’ils avaient concentré leur attention sur le poste de Premier ministre, leur prestation aurait peut-être été meilleure et n’aurait pas soulevé le tollé…
A.R
