La préparation de la réception du sommet de la Francophonie battant son plein actuellement, l’Etat ne se retient pas pour écarter tous les obstacles. On évoque, en effet, souvent, ces maisons à démolir car quelques mètres (voire centimètres) manquent aux dimensions des routes que l’Etat construit en vue de la réception dudit sommet.

Une rumeur a circulé selon laquelle une partie du Betsimitatatra va être remblayée par l’Etat pour en faire une voie rapide. Pour faciliter le travail, l’Etat n’a fait parvenir aucun avis légal aux propriétaires du terrain. Mais la nouvelle s’est propagée de bouche à oreille. Les propriétaires se sont alors ligués pour demander une explication aux responsables de chaque fokontany qui leur ont fait savoir que l’Etat n’allait pas leur arracher froidement leur terre mais qu’il allait les acheter et qu’il fallait préparer au plus vite les papiers de ces terres pour qu’elles soient réglementaires.

Vu le désordre que cela devait entraîner, les responsables de l’entreprise chinoise CRBC (China Road and Bridge Corporation) à qui le marché a été offert, ont organisé une réunion avec les propriétaires des rizières pour leur faire connaitre les tenants et aboutissants du projet. Entre autres, cette nouvelle route reliera Antananarivo à Ivato afin de fluidifier la circulation sur cette zone souvent bouchée.

Quelques autres rizières ont connu le même sort. L’Etat a déboursé 4 000 Ar. pour chaque mètre carré. Cela accable les propriétaires de voir que les rizières valent aussi peu. Aujourd’hui, une nouvelle rumeur circule sur le prix auquel l’Etat compte s’offrir Betsimitatatra. A la grande surprise de leurs propriétaires, ces rizières ont été dévaluées à 3 000 Ar. le mètre carré.

En revanche, le riche Indien, Rajabali, en offre 10.000 à 15.000 Ar. par mètre carré. En plus, il permet aux propriétaires d’en faire ce qu’ils veulent jusqu’au moment où il aura enfin besoin de ses terres.

Entre le marteau et l’enclume, les Malgaches sont obligés de se dessaisir de leur héritage. Soit, ils vendent à l’Etat qui exige des papiers réglementaires pour bénéficier de la petite somme qu’il offre sans possibilité de marchandage; soit, ils vendent à cet Indien qui propose un prix, certes beaucoup plus généreux que l’Etat, mais qui, de toutes les façons, profite de la position contraignante de ces propriétaires pour mieux les exploiter.

Cette situation traduit, d’une part, la déconsidération des Malgaches par l’Etat et leur exploitation par les étrangers ; et d’une autre part, la dévalorisation de la culture malgache qui donne au riz le statut d’ « aliment de base » par le remblai des rizières, et ce, pour éviter que les francophones aient à endurer les embouteillages.

Aujourd’hui, la domination des étrangers quant à la question foncière à Madagascar n’est plus un secret pour personne. Entreprises, magasins, etc. A Madagascar, presque tout aujourd’hui appartient aux étrangers.

Plus tard, si cette situation continue, Madagascar sera départagé en plusieurs petits départements (Chinois, Indiens, etc.) et les Malgaches expropriés.

Aina A.