Lors de sa prise de fonction, le nouveau Premier Ministre, Olivier Mahafaly, s’est engagé publiquement à mener une lutte sans merci contre l’insécurité et des efforts considérables en faveur du développement social. D’une part, l’insécurité n’a pas régressé comme le démontre la reprise des kidnappings. D’autre part, le développement social n’est pas à l’ordre du jour avec la disparition pure et simple du Ministère du Travail et des Lois Sociales. Ce second point est particulièrement préoccupant. En effet, les nations industrialisées font tout pour préserver l’emploi qui est un enjeu électoral. Dans un pays comme Madagascar où les prestations sociales sont dérisoires et qui est rongé par le chômage il est absurde de supprimer le Ministère du Travail et des Lois Sociales. Pourtant, le régime l’a fait. Cette mesure constitue une déclaration de guerre du régime aux travailleurs malgaches qui sont parmi les plus pauvres du monde. On peut même parler de provocation dans un climat social tendu. Le gouvernement de combat annoncé s’attelle donc à une lutte contre les travailleurs ? Certes, il existe un ministère de la fonction publique et de la réforme de l’administration mais il ne prend pas en compte le secteur privé. Comment un administrateur civil doublé d’un philosophe comme Olivier Mahafaly a-t-il pu faire l’impasse sur la protection des employés du secteur privé ? Selon plusieurs observateurs avertis, la suppression de ce ministère a été dictée par le Chef de l’Etat sur recommandations de certaines sociétés étrangères. On aurait souhaité que Madagascar devienne une démocratie libérale. Malheureusement, le libéralisme sauvage s’est installé dans l’intérêt d’une poignée d’oligarques.
M. GASPARD
