Madagascar guérira-t-il un jour de la gangrène de la corruption? Les usagers ont fini par s'habituer aux "péages" exigés par les policiers et les gendarmes, aux pratiques dans les tribunaux où c'est devenu une tradition que le justiciable doit payer sinon c'est la prison qu'on soit coupable ou non. Les exemples sont à profusion car la corruption touche tous les secteurs et tous les niveaux, jusqu'à la plus haute sphère où les enjeux dépassent totalement le pauvre Malgache.
Dans le litige qui oppose Orange Madagascar à l'Etat par exemple, des révélations faites par des proches du dossier sont édifiantes. Une "commission" de plusieurs millions de dollars auraient été exiges par les autorités pour le renouvellement de la licence d'Orange Madagascar. Evidemment, la compagnie de téléphonie a refusé de payer. En réponse, c'est la manipulation de la presse selon laquelle Orange Madagascar refuse de se conformer à la loi.
On ne précise pas de quelle autorité il s'agit. On ne risque cependant pas de se tromper si on avance que c’est soit de hauts responsables du ministère de tutelle, soit ceux de l'autorité de régulation,, soit encore les deux à la fois.
En tout cas, les révélations ne rapportent pas que ce racket de plusieurs millions de dollars. On parle également du patrimoine immobilier "d'un des dirigeants du côté des autorités augmenter de manière significative ces deux dernières années" " Soit beaucoup plus que son prédécesseur qui n'a reçu qu'un 4x4 haut de gamme de marque allemande à prix imbattable".
Ces révélations sont forcement connues des autorités françaises auprès desquelles les sociétés françaises confient logiquement leurs doléances, la compagnie Orange étant contre la corruption en refusant systématiquement de répondre à toute sollicitation dépassant tout cadre légal. Orange Madagascar comme toutes les entreprises quelle soit la nationalité de leurs dirigeants respectifs et la population malgache dans son ensemble ne peuvent donc que se réjouir du projet d'appui à la lutte contre la corruption évoqué par l'ambassadeur de France, Veronique Vouland-Aneini, lors de sa rencontre avec le général Jean Ravelonarivo, à Mahazoarivo.
Peut-être qu'avec cette aide de la France, le Bianco deviendra effectivement un bureau indépendant de la lutte anti-corruption. On l'espère tout comme on souhaite ardemment que les auteurs des rackets soient lourdement sanctionnés. Dans le cas d'Orange Madagascar, on sait qui est qui. Malheureusement, Madagascar est le royaume des impunis.
D.R.