Une contribution financière d’un million de dollars de la Banque Africaine de Développement sous forme de don d’urgence humanitaire a été confiée au Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) pour fournir une assistance d’urgence à 115 000 personnes affectées par la sécheresse dans les districts de Tuléar, Tuléar II, Sakaraha, Betioky et Ampanihy, au sud-ouest de Madagascar. Cette aide, selon la teneur d’un communiqué PAM/BAD, comprend essentiellement l’assistance alimentaire, l’appui aux cantines scolaires et la supplémentation nutritionnelle durant la période de soudure entre novembre 2015 et mai 2016. Plus de 1 290 tonnes de vivres sont ainsi distribués durant cette période.
Pour réussir cette mission, et permettre aux communautés de la région Atsimo-Andrefana de faire face à des difficultés alimentaires aigües, le PAM a bénéficié de la coordination de plusieurs départements étatiques dont le Ministère de l’Education Nationale ; le Ministère de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme et l’Office National de Nutrition.
« Nous sommes reconnaissants envers la Banque Africaine de Développement pour ce financement qui permet d’aider les communautés extrêmement vulnérables en cette période de soudure. Les autorités s’engagent à travailler main dans la main avec le PAM et les partenaires pour sensibiliser les communautés sur le suivi des activités menées. Nous allons renforcer la bonne gouvernance au niveau local afin d’assurer la pérennité de ce projet » souligne le Chef de Région, Colonel Jules Rabe.
Dans les régions Atsimo Andrefana, Androy et Anosy, la saison culturale 2015/2016 continue d’évoluer sous l’influence du phénomène El Niño. L’effet de deux mauvaises campagnes agricoles et de perte de récoltes consécutives (2013/14 et 2014/15) a fragilisé une proportion croissante de population. L’Enquête sur le déroulement de la campagne de la FAO indique que les pertes de récoltes de maïs s’élèvent à plus de 80%. En février 2016, près de 665 000 personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire sévère, selon L’Evaluation rapide de la sécurité alimentaire. Une campagne de dépistage de la malnutrition menée par l’UNICEF montre une augmentation de la malnutrition aigüe globale entre octobre 2015 et février 2016, avec 8% des enfants de moins de 5 ans affectés.
Dans les districts les plus affectés, dont Tuléar II littoral, Betioky et Ampanihy, les ménages continuent de recourir à des stratégies de survie néfastes dont la vente de leurs biens de production ; la réduction du nombre de repas ; la consommation d’aliments de disette (tels que le fruit du cactus rouge) ou la déscolarisation des enfants pour faire face à la détérioration de l’insécurité alimentaire.
Elle permet de fournir un repas scolaire à 74 000 élèves dans le cadre du programme national d’alimentation scolaire; de distribuer des compléments alimentaires nutritionnels enrichis en vitamines et nutriments pour prévenir et traiter la malnutrition aigüe chez 13 000 femmes enceintes et allaitantes et enfants de moins de deux ans ; et de mettre en place des activités de vivres contre la création d’actifs communautaires pour protéger les semences et appuyer la relance agricole et dont bénéficient 26 000 personnes. Des distributions alimentaires ciblées sont faites à plus de 1300 personnes vulnérables n’ayant pas la capacité physique de participer aux activités agricoles. Les activités ont été identifiées avec les communautés affectées à travers des ateliers de Planification Communautaire Participative.
Le phénomène El Niño pourrait conduire à une période de soudure 2016-2017 précoce dans les zones affectées par la sécheresse. Les activités en cours visant à sauver des vies doivent donc être poursuivies ainsi que la mobilisation de financements pour faire face aux besoins lors de la soudure 2016-2017.
Le manque de financement affecte également le programme de cantines scolaires du Ministère de l’Education Nationale, qui fournit un repas chaud à 296 000 enfants de 1 300 écoles primaires des régions Atsimo Andrefana, Androy et Anosy. Ce programme pourrait être interrompu pour 150 000 enfants à partir de l’année scolaire 2016/2017 si les 6,9 millions de dollars nécessaires ne sont pas mobilisés.