La semaine dernière, le Premier Ministre Olivier Mahafaly a convié les patrons de presse et leurs représentants pour un petit déjeuner au Palais de Mahazoarivo. Le geste est élégant mais il appelle plusieurs réflexions.

Tout d’abord, le nouveau Premier Ministre aurait dû inviter tous les patrons de presse, sans exception. Certains d’entre eux ont été délibérément exclus. Ils s’en fichent mais ils ont une mémoire phénoménale pour ce genre d’indélicatesse. Quand on fait une campagne de communication auprès des professionnels du secteur, on se garde bien de faire de l’ostracisme.

Ensuite, le nouveau Premier Ministre a fait preuve de pédantisme en plaçant quelques citations philosophiques. D’une part, il en faut plus pour impressionner les patrons de presse et leurs représentants. D’autre part, ce n’est pas avec son amour infini de la sagesse qu’Olivier Mahafaly va combler le défaut de sagesse du Chef de l’Etat et de ses proches conseillers.

Par ailleurs, les patrons de presse et leurs représentants sont bien conscients du double langage du Premier Ministre qui d’un côté, joue l’apaisement et d’un autre côté, organise la répression. S’il était un vrai sage, il saurait que la philosophie et l’hypocrisie sont antinomiques.

De surcroît, un Premier Ministre, qui est également Ministre de l’Intérieur, ne peut pas être habité par un authentique amour de la sagesse s’il a pour mission première d’organiser les prochaines fraudes électorales qui vont plonger la Grande Ile dans le chaos. Il est tout au plus un sophiste.

Enfin, le goût d’Olivier Mahafaly pour les discussions philosophiques ne suffira pas pour s’attirer la sympathie. Il ne doit pas perdre de vue de Madagascar est au bord d’une explosion sociale. La population a davantage de pragmatisme et d’actions concrètes que de nourritures spirituelles.

Phil de Fer