Propos vendredi de Nicolas Randrianandrasana, président du syndicat des greffiers : « Même s’il y a réquisition, nous ne reprendrons pas le travail tant que nos revendications ne sont pas satisfaites». Voici la déclaration du ministre de la Justice Charles Andriamiseza, après une rencontre avec les meneurs de la grève : « En ce qui concerne les émoluments (ndlr : indemnités et primes) réclamés par les grévistes, le décret qui les régularise est déjà conçu. Nous nous penchons aussi sur le recrutement des greffiers en chef sur concours, mais il faut savoir qu’on ne peut satisfaire du jour au lendemain toutes les revendications… ». En fait, si les greffiers poursuivent sans flancher leur grève, c’est notamment car l’Etat a pendant trop longtemps fait des promesses sans les tenir. Actuellement, les grévistes veulent des actes concrets et n’entendent pas reprendre le travail sur la foi d’assurances faites par le ministère…

En tout cas, des fortes rumeurs de réquisition planent sur les grèves qui secouent le ministère de la Justice (greffiers et agents pénitentiaires). Le mouvement paralyse en effet le fonctionnement des tribunaux, et porte sérieusement atteinte à l’image du régime. Une réquisition, qui oblige les grévistes à reprendre leur travail, pourrait donc être publié. L’Etat peut décréter une réquisition s’il estime que les besoins essentiels de la population ne sont pas assurés, ou que le mouvement porte atteinte à la sécurité publique. Si les grévistes refusent d’obtempérer, ils s’exposent à des peines sévères prévues par la loi, surtout de fortes amendes mais aussi des peines de prison. S’ils entendent braver ces sanctions, c’est que les greffiers grévistes sont donc particulièrement déterminés et sont des « jusqu’au-boutistes ».

            A.R