Noeline Ramanantenasoa doit être soulagée car elle a pu refiler la patate chaude, et même brûlante, à son successeur en la personne de Charles Andriamiseza. Cependant, incapable de donner satisfaction aux greffiers et agents pénitentiaires, le nouveau Ministre de la Justice brandit la menace de réquisitions prévues par la Loi n° 69-015 du 16 décembre 1969 relative aux réquisitions des personnes et des biens. Il n’y a rien de tel pour jeter de l’huile sur le feu ! Le projet de réquisitions est une fausse bonne idée car si les greffiers et les agents pénitentiaires retournent sur leur lieu de travail contre leur gré, ils ne seront pas productifs. Avant de prendre sa nouvelle fonction, Charles Andriamiseza aurait dû poser ses conditions au Chef de l’Etat et au Premier Ministre pour pouvoir satisfaire, au moins en partie, les revendications pressantes des grévistes mais à Madagascar, quand on est promu ministre, on accepte tout et n’importe quoi les yeux fermés. En sa qualité d’ancien secrétaire général du Ministère de la Justice, Charles Andriamiseza était au courant de ces dossiers sulfureux. Il savait qu’il allait hériter d’une situation explosive et d’une marge de manœuvre étroite. Aujourd’hui, la machine judiciaire est paralysée et des évasions se préparent. Si le nouveau Ministre de la Justice est incapable de venir à bout de l’épreuve actuelle, il risque de perdre son poste aussi vite qu’il y est parvenu. Foudroyé au moment de son envol, il n’aura probablement même pas le temps de figurer sur la banderole de notre journal des personnalités sommées de démissionner !

Ranary et PN