Les évêques catholiques de Madagascar, regroupés au sein de la Conférence Episcopale de Madagascar (CEM), se réunissent actuellement au siège de l’Episcopat, à Antanimena. Lors de ce rassemblement d’une dizaine de jours, les prélats prient et méditent, mais réfléchissent aussi sur les affaires nationales. Au terme de la réunion, les évêques publient un communiqué dit « lettre des évêques », attendu avec intérêt par les cercles politiques et les milieux de la société civile. Car toujours à l’écoute de leurs ouailles, ces religieux sont sensibles au sort des masses et ne manquent pas de dénoncer les motifs de plaintes et de gémissements. En 2015, la « lettre » comportait surtout une demande d’explication aux quatre chefs d’Eglise du FFKM sur le processus de réconciliation. En effet, les évêques se sont demandés s’il appartenait à cette entité œcuménique de s’engager dans une opération très politique. Mais les années précédentes, la CEM a pointé du doigt le pillage des ressources naturelles (bois de rose, pierres précieuses, bœufs, espèces animales endémiques…), mais aussi une « justice à deux vitesses » ainsi que le massacre des paysans du Sud perpétré par les forces de l’ordre.

Rappelons qu’en mars 2014, les évêques de Madagascar furent reçus en bloc au Vatican par le Pape François. Lors de l’audience, le souverain pontife a exhorté ces religieux à travailler à la reconstruction du pays après la crise, à faire revivre les valeurs traditionnelles comme le « fihavanana », ainsi qu’à se pencher sur l’extension de la pauvreté dans l’île, due surtout à « la corruption et au mépris du bien commun ». Lors de leurs rassemblements à Antanimena, les évêques s’inspirent surtout de la ligne tracée par le pape dans leurs travaux. Notons qu’après le retrait de Mgr Fulgence Rabemahafaly, archevêque de Fianarantsoa, la CEM est actuellement présidée par Mgr Tsarahazana Désiré, évêque de Toamasina.

  1. R.