Prendre un transport en commun dans la ville d’Antananarivo est un véritable parcours de combattant pour une personne ayant toutes ses facultés. Pour les personnes en situation d’handicap c’est un véritable calvaire voire impossible de prendre un taxibe. Comme si, personne n’a pris en considération leur situation.
Aujourd’hui, ces personnes en situation d’handicap préparent un plaidoyer pour faire en sorte qu’il y ait un changement en leur faveur. Une occasion pour eux de nous partager ce qu’ils vivent au quotidien.
Souffrant de surdité Vololonirina nous expose ce qu’elle et ses semblables endurent au quotidien « je n’entends pas rien de ce que les receveurs disent et il m’arrive très fréquemment de me tromper d’arrêt. Les bus devraient respecter le passage pour chaque arrêt ». toujours dans l’optique de l’égalité de tous, Vololonirina est particulièrement choquée du fait que la police refuse le permis de conduire aux personnes souffrant de surdité.
Daniella Ramasinoro quant-à elle s’occupe de personnes atteintes de la trisomie 21. Elle partage son point de vue « le mieux c’est que les enfants atteints de trisomie aient leurs propres moyens de transport pour rejoindre les différents centres ».
Josoa Radifiniantsoa atteint de cécité est bien placé pour parler de la difficulté d’emprunter les transports en commun. « Les bus ne respectent pas l’arrêt désigné alors que nous ne pouvons pas courir après eux. Et quand on arrive à entrer dans un bus, on se trompe souvent d’arrêt car les receveurs ne nous disent pas à quel arrêt nous sommes ».
Et pour les personnes à mobilité réduite c’est d’autant plus difficile. David Rakotoson nous apporte son témoignage « les taxibe n’ont pas été conçus pour faciliter leur accès aux personnes handicapées ce qui fait qu’on a du mal à y accéder. Il n’est pas rare que les bus refusent de nous prendre à cause de notre handicap ». Toujours lui de souligner « avant dans les taxibe, il y avait des places réservées pour les personnes en situation d’handicap. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Aux heures de pointe c’est carrément la guerre pour entrer dans un bus. Moi personnellement j’attends 19 heures pour pouvoir prendre un bus alors que je sors du travail à 16 h ».
Le plus triste c’est qu’on ne peut pas pointer du doigt seulement l’Etat ou les transporteurs devant cette situation car ce sont les habitants de la ville qui manifestent de l’animosité envers ces personnes en situation d’handicap.
Y. L.