Y a-t-il des médecins spécialistes en maladies mentales chez nous ? La question se pose chez certaines organisations de la société civile qui finissent par se réveiller après les révélations sur les centaines de milliards de dépenses extra-budgétaires dilapidés sans contrôle aucun sur les prix ni sur les travaux effectués. Apparemment, elles ont fini par comprendre qu’il est inutile de s’entretuer entre elles pour les représentations au sein de la Commission de la démocratie et la Haute cour de justice qui ne sont que de la figuration de par la composition des membres de ces entités. La société civile semble déterminée à ne pas laisser passer sous silence les dossiers que nous apportés ces derniers jours.

Le rapport d’enquête de l’IGE (inspection générale de l’Etat) grâce à laquelle ces dépenses non-réghemlentaires ont été découvertes, établit le total des fonds débloqués par la fameuse DPCB (direction de la programmation et du cadrage budgétaire) à 55 milliards Ar, soit 275 milliards Fmg. D’après les documents que nous publiés dans nos précédentes éditions dont la dernière partie sur Fonds d’entretien routier (FER) est rapportée ci-contre, ces 275 milliards ont été utilisés pour 175 milliards de transferts à nos ambassades à l’étranger, 35 milliards pour le paiement des chèques carburants en plus des prévisions budgétaires et 40 milliards tirés donc sur le FER.

La particularité de ces 40, selon le rapport, est que « le sommes sont retirées directement par le régisseur sur le compte sus instruction et autorisation du ministre des Finances et Budget ». En plus clair, le régisseur du fonds a reçu l’ordre du ministre Gervais Rakotoarimanana retirer 40 milliards en espèces sonnantes et trébuchantes pour on ne sait quoi. Si c’était pour la réfection des routes qui est la destination du FER, on aurait du suivre les procédures normales des marchés publics où le paiement se fait par mandat au fournisseur après les contrôles d’usage et non par le régisseur.

Quand viendront les contrôles, on ne saura pas si le ministre des Finances et du Dubet aura recouvré la mémoire. A son retour de Washington, il a fait un démenti de notre article sur les 175 milliards de transferts aux ambassades malgré les preuves établies par l’IGE. Soit il est atteint du virus de la mensonge qui affecte nos dirigeants. Soit il a oublié ses actes. La DPCB est, en effet, rattaché à son ministère et joue un rôle stratégique. Il ne peut donc pas ne pas savoir tous ces mouvements de fonds qui ont été relevés par l’IGE.

Aussi la société civile s’active-t-elle à chercher des spécialistes pour établir si le ministre Rakotoarimanana feint de ne rien savoir ou s’il est atteint d’une pathologie de l’oubli. Cette fois-ci, les apolitiques semblent décidés à faire la lumière sur l’utilisation des fonds publics.

D.R.