On ne peut que le constater : Voahangy Rajaonarimampianina aime son mari. Et elle prend très au sérieux ses fonctions de première dame de l’Etat. Ce serait la raison pour laquelle elle a constitué un cabinet afin de combler les insuffisances de son mati q’elle connaît bien. C’est tout à son honneur et de celle de la femme malgache en général dont la volonté de s’engager dans la conduite des affaires publiques n’est plus à démontrer.

La démarche est cependant contestée par une bonne frange de l’opinion publique qui considère qu’elle n’a pas à s’immiscer dans les affaires de l’Etat. Les péripéties de la vraie fausse démission de Jean Ravelonarivo de son poste de premier ministre semblent pourtant donner raison aux rumeurs selon lesquelles c’est l’épouse du président de la République qui décide de tout.

Quoiqu’il en soit, il faut pourtant reconnaître que par la force des choses, les affaires du couple présidentiel ont forcément une incidence sur la gestion des affaires nationales. Mais quand la conjointe a une ascendance certaine sur celui qui détient officiellement la fonction d’Etat, la catastrophe est inévitable quand la personne déjà non dotée d’une certaine qualification se fait assister par un faussaire. C’est ce genre de fait qui est peut-être l’une des causes du débâcle du régime actuel.

Le bras droit de Voahangy Rajaonarimampianina est, en effet, John William Richard Ramamonjiarivelo . Il a été nommé récemment directeur de cabinet de l’épouse du chef de l’Etat. Visiblement, Mme Rajaonarimampianina est victime du charme voire du pouvoir magique exceptionnel de l’individu. C’est, en effet, durant le règne (seconde phase) de Didier Ratsiraka que les faux et usage de faux de M. Ramamonjiarivelo ont été éventrés et avaient même fait l’objet d’une note du ministre des Affaires étrangères (voir fac-similé) qui a été discutée en conseil des ministres. Son rapatriement immédiat n’a pourtant pu se réaliser et le bonhomme reste même en poste grâce au même ministre qui a changé de camp durant la crise post-électorale de 2002.

M. Ramamonjiarivelo sait être reconnaissant en servant royalement les barons du régime Ravalomanana. Il devient pratiquement le numéro 2 de l’ambassade avec son titre de chef du protocole. Le magicien conforte sa place sous la Transition. Et depuis l’accession de M. Rajaonarimampianina au pouvoir, lui et Véronique Resaka se font volontairement chrégs des affaires de la première dame. La chargées d’affaires est encore en place à Paris jusqu’à son imminente limogeage tandis que M. Ramamonjiarivelo a trouvé refuge sous les jupes de l’épouse du chef de l’Etat.

D.R.