Les poètes malgaches sont actuellement confrontés à l’inévitable, devant le fait que les grands éditeurs préfèrent éditer les écrivains décédés. Survivre dans cette condition en gardant son statut d’écrivain n’est pas facile. C’est pour cela qu’on assiste à la naissance de plusieurs écrivains imprimeurs. Des jeunes poètes qui font de l’autoédition car ils n’ont pas d’autres alternatives.
Parmi eux, on peut citer Rakotondravelo Hajatiana Rodin, portant comme nom de plume Avelo-Nidor qui prépare la sortie de son troisième livre intitulé « Vaovao mahafaly ». Un livre qui mélange ironie et scepticisme. Le jeune auteur nous explique sa vision des choses « le nombre des églises ne cessent d’augmenter dans la grande île. Parallèlement à cette situation, on constate que le pays sombre de plus en plus dans la pauvreté ». Une situation qui peut faire perdre la foi aux plus croyants d’entre nous.
Et pourtant, à côté de cette situation, les politiciens commencent à imposer leurs règles des jeux forçant ainsi les millions de malgaches à suivre leurs danses. « A travers mes proses, je supplie les politiciens en les glorifiant pour nous offrir une meilleure condition de vie » stipule l’artiste.
Une manière des plus poétiques de décrire la situation des malgaches en général qui sont genoux à terre attendant le prochain coup bas des politiciens. A travers cette ironie à peine déguisée, l’artiste rappelle également nos politiciens qu’ils ne sont pas des dieux, qu’ils restent des simples mortels.
Que ce soit artistiquement ou pas, la situation politique est telle dans la grande île qu’il nécessaire d’en parler.
Y. Lomelle