Salon de l’agroalimentaire et de la cuisine, salon maison et déco, foire de l’élevage et de la production animale, foire internationale de Madagascar. Outre la journée mondiale des travailleurs du 1er mai qui fait souvent l’objet de récupération politique, le mois de mai est riche en salons et foires. Ces événements économiques devraient témoigner de la dynamique des secteurs concernés. Toutefois, si on se penche sur l’élevage, la croissance est minime, soit 0,8% en 2015, contre 2,8% en 2014. Ces taux concernent à la fois l’élevage et la pêche selon le Tableau de bord économique (TBE janvier 2016) de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Seulement, l’élevage fait partie des secteurs vers lesquels de plus en plus de gens se tournent pour améliorer un tant soit peu leur revenu. Citons l’aviculture et plus précisément l’élevage de poules pondeuses et de poulet de chair, l’élevage de porcs, la pisciculture… En fait, ces gens s’intéressent à l’élevage de cycle court, une filière qui dispose, entre autres, de la Maison du petit élevage (MPE), une entité associative qui dispense régulièrement des formations pour les personnes intéressées.

L’intérêt croissant pour l’élevage à cycle court justifie notamment la tenue de la foire. Quant à l’agroalimentaire et la cuisine, l’internet et les cours de formation proposés un peu partout ainsi que les ouvrages vendus à la sauvette sur les marchés participent à accroître l’intérêt des ménagères et même des jeunes pour ces filières. Il faut d’ailleurs noter que les ustensiles et robots de cuisine se déclinent de plus en plus dans une gamme élargie et pour toutes les bourses. Il faut, par exemple, moins de 40 000 Ar pour avoir une yaourtière, 5 000 Ar pour un ustensile servant à découper les pommes et ananas, 5 000 Ar pour un moule à madeleines, etc. Quant au robot multifonctions, il s’achète à partir de 80 000 Ar. Les magasins qui proposent ces différents outils se multiplient d’ailleurs et à Tsaralalàna dans la capitale, un centre commercial est même dédié aux ustensiles de cuisine. Pour ceux qui apprécient les marques, les prix sont plus élevés dans les magasins qui proposent les produits concernés, genre Black & Decker, Sharp, Luminarc, Arcopal...

Et si on se penche sur le salon maison et déco, il tient sa place dans un contexte où l’investissement immobilier ne cesse d’augmenter (plus de 7% de croissance en 2014) Certes, le dicton « Quand le bâtiment va, tout va » est complètement faussé dans la conjoncture économique malagasy, mais il n’empêche que le secteur de l’immobilier surfe toujours sur une croissance haussière. Les nouveaux propriétaires, grands ou petits, doivent ainsi décorer leur maison. Il faut aussi signaler que portés par la vague de croissance de l’immobilier, des secteurs comme la fabrication de mobiliers voient fleurir des magasins un peu partout non seulement dans la capitale mais également dans les grandes villes de province. Ce phénomène incite les nouveaux propriétaires à acheter au lieu de faire fabriquer des meubles chez le charpentier. Les ménages qui ont le pouvoir d’achat nécessaire renouvellent aussi leurs meubles dans les magasins dédiés. Dans un contexte socioéconomique morose, ces salons et foires apportent un peu de couleurs pour ceux qui s’intéressent aux thèmes proposés.

Fanjanarivo