Les débats autour des dispositifs de Paiements pour services environnementaux (PSE) ne se limitent pas aux grandes arènes internationales. Ce mécanisme est mis à l’épreuve sur le terrain par des organisations comme le Gret pour en évaluer les conditions de pertinence, avec les populations locales concernées, et formuler des recommandations. De la sorte, les données du Gret font état qu’il est actuellement engagé dans plusieurs démarches de recherche-action : une étude socio-économique pour un dispositif de PSE en Ouganda dont les résultats intermédiaires étaient discutés en mars, un forum national sur les PSE à Madagascar en mai pour construire les indicateurs de suivi-évaluation d’un projet en cours, un article sur l’évaluation des PSE dans le Mémento du forestier tropical en décembre 2015. Etat des lieux de l’expérience du Gret, de la théorie à la pratique. Les paiements pour services environnementaux (PSE) sont des instruments d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, de lutte contre l’érosion de la biodiversité et contre la dégradation des terres…
Le Gret a travaillé à la conception et à la mise en œuvre de mécanismes de PSE dans trois pays dont Madagascar. Ainsi le Gret a cherché à sécuriser sur le long terme l’investissement dans la microcentrale hydroélectrique de Tolongoina. Le Gret a appuyé, avec l’Unité mixte de recherche Gred de l’IRD et le C3EDM, un laboratoire d’économie de l’environnement de l’Université d’Antananarivo, la mise en place d’un contrat de paiement pour les services hydrologiques rendus par 30 paysans exploitant le bassin versant. Signé en septembre 2013, ce contrat prévoit la mise en place d’un fonds pour le PSE, alimenté par une taxe prélevée sur la facture des abonnés de l’électricité, un versement de la commune et un autre du délégataire de la gestion du réseau hydroélectrique, engageant ainsi opérateurs et usagers de l’électricité à pérenniser l’investissement. En prévision du renouvellement des contrats, les 3 et 4 mai 2016, un atelier d’échanges sur la mise en œuvre et l’évaluation des PSE à Madagascar, sous le patronage du ministère de l’Environnement, de l’Ecologie, de la Mer et des Forêts, permettra de co-définir des critères de suivi-évaluation et de formuler des recommandations pour l’établissement d’un cadre juridique et institutionnel.