La faible performance de Madagascar en matière de gestion du secteur public, d'inclusion sociale et d'équité lui vaut d'être classé depuis 2013 dans la catégorie des états fragiles. Les trois quarts de la population malgache, estimée à 23 millions d'habitants, dépendent directement ou indirectement du secteur agriculture, élevage, pêche et forêts. Or ce secteur ne parvient pas à subvenir aux besoins alimentaires d'une population en constante progression (croissance d'environ 2.9% par an), ni à accroître ses revenus. La productivité reste très faible, très sensible aux risques climatiques et aux invasions acridiennes, et très ancrée dans les traditions. Plus d'un enfant sur deux souffre de malnutrition chronique et 35% des ménages sont touchés par l'insécurité alimentaire. Le changement climatique pourrait entraîner une intensification des tempêtes tropicales et sécheresses augmentant la vulnérabilité des ménages. Cette vulnérabilité est par ailleurs exacerbée par l'augmentation récente de l'insécurité. Enfin, la situation générale des infrastructures de transport, de fourniture d'énergie et d'eau potable, est extrêmement critique et constitue une entrave majeure au développement économique et social du pays.

Plus, et selon les informations publiées dans le cadre du 11èше Fonds Européen de Développement Programme Indicatif National (2014 - 2020); il apparaît, surtout, que le secteur Agricole malgache pris dans son ensemble (agriculture, élevage, pêche, foresterie) englobe 85 % des emplois et 60 % des jeunes. Cependant, ce secteur affiche une faible performance et ne répond pas aux besoins d'une population en forte croissance. Les techniques culturales traditionnelles qui prédominent, génèrent de faibles rendements et très peu de surplus commercialisable (50% de la production est autoconsommée). Cette faiblesse, couplée à la persistance de certains comportements culturels, entretient une situation de forte insécurité alimentaire et nutritionnelle…

La productivité du secteur stagne en raison de plusieurs problèmes parmi lesquels: l'enclavement des zones de production; la taille des exploitations (50% des paysans cultivent moins de 1 ha, et seulement 4,8% plus de 4 ha); l'insécurité foncière; le manque d'accès aux intrants, aux financements, aux technologies appropriées et aux conseils de qualité; la faible structuration des chaînes de valeur; la vétusté et le manque d'entretien des infrastructures hydro-agricoles, et l'insuffisance en termes de recherche et de vulgarisation.

La faible performance du secteur est également liée à des déficiences en matière de gouvernance. L'évolution institutionnelle des dernières années a conduit à la création d'une multitude d'institutions, aboutissant à un manque de coordination et de cohérence des diverses interventions. Le secteur est marqué par la faiblesse des institutions publiques et des organisations de producteurs. Les trafics de ressources naturelles constituent également une grave menace pour les écosystèmes du pays.

Les producteurs sont par ailleurs très vulnérables aux risques climatiques et acridiens récurrents (cyclones, sécheresses, inondations) ainsi qu'au changement climatique. Le potentiel en terres et en ressources hydriques est faiblement valorisé, ou est exploité de manière irrationnelle (érosion, feux de brousse dégradant les ressources, etc.). L'agriculture malgache se doit d'être plus compétitive pour renforcer son positionnement, notamment sur les marchés régionaux.

Aussi, entre autres, le 11ème FED s'inscrira-t-il dans la politique de développement du secteur et de ses sous-secteurs. Il prendra en considération les autres politiques et stratégies existantes ou en cours de révision, tels que la Lettre de Politique Foncière, la Charte de l'Environnement, la Politique Forestière et le Plan National de Lutte contre le Changement Climatique, ainsi que les engagements pris dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces en danger (CITES)…

En outre, les mêmes données indiquent, notamment, que le llème FED accompagnera le renforcement des capacités des services de formation, de conseil et de recherche. En particulier, le llème FED permettra le renforcement des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) et leurs organisations faitières dans leurs capacités à offrir des services à leurs membres et en termes de gouvernance. Les partenariats public-privé seront également encouragés.

Le llème FED appuiera également la promotion de chaînes de valeur à travers des investissements dans les infrastructures et un meilleur accès aux financements. Les actions seront menées au profit des exploitations familiales et des opérateurs économiques. La demande du marché (local, national, international) guidera les interventions. Celles-ci favoriseront l'émergence de différentes formes de coopération entre les exploitations familiales, leurs organisations, les opérateurs de marché et les industries. La création de valeur ajoutée locale et nationale sera recherchée. L'appui aux infrastructures sera orienté vers l'accès aux marchés. La problématique du financement du secteur sera abordée au niveau central et à travers la complémentarité des fonds mis en place par l'État et le secteur financier, ainsi que la gestion des risques agricoles. Les interventions du llème FED soutiendront également la promotion de la gestion durable des ressources naturelles. Les mesures environnementales (gestion des bassins versants, gestion des feux et des ressources en eau, gestion des aires protégées...) et l'adaptation et l'atténuation au changement climatique seront ainsi prises en compte.