Comment se taire quand à cause de chauffeurs de taxi-be irresponsables des vies innocentes nous sont enlevées prématurément ? Tous les médias écrits et parlés se sont mis au même diapason pour dénoncer les méfaits, les délits et les crimes de ces hors la loi de la circulation urbaine et de la route. En fait toute une chaîne de raisons ont été évoquées aussi pertinentes les unes que les autres, et même que des mesures inhérentes à ces dernières ont été prises pour essayer d’éradiquer ce fléau, mais hélas nous sommes en train de constater qu’il perdure de plus belle.

La vérité est que ce phénomène sociétal qui nous bouffe la vie provient de la frustration d’employés du transport public sur leur condition de vie où la pauvreté chemine avec l’envie et la jalousie. Ce devoir de tout le temps se plier aux caprices des plus riches et des plus forts, étouffe leur personnalité et accentue leur réminiscence envers le monde ingrat qui les entoure. Cette frustration ils l’assouvissent dès qu’ils se trouvent aux commandes d’un véhicule en s’employant à transgresser les lois et les règlements qui les régissent. Pour affirmer leur importance, ils prennent en otage toute une population soumise à leur désir.

En effet le chauffeur de taxi be gargarisé par son pouvoir d’avoir droit de vie et de mort sur ses passagers en étant seul maître à bord de son véhicule, assouvit ses fantasmes en façonnant l’humeur de ces derniers et des autres usagers de la route au gré de son bon vouloir. Pour la majeure partie de ces nouveaux rois de la rue et des routes, les lois sont faites pour être transgressées. Vu son niveau de culture, il est généralement imperméable aux appels à la raison d’une population dont il n’en a que faire et pour laquelle il en fait une lutte de classe. Ses capacités de nuisance trouvent dans ses actes délictuels un épanouissement conforme à ses pulsions rebelles à la rectitude imposée à son métier. Il est vrai que le fait de prendre un bus actuellement est comme se jeter dans l’antre d’une hydre à deux têtes constituées par le chauffeur et son aide qui imposent leur loi par :

- le mode d’organisation hors normes à l’intérieur du taxi be où les usagers sont entassés comme des sardines,

- la vitesse à laquelle le conducteur a fait le choix d’évoluer dans les rues et sur les routes c'est-à-dire en excès de vitesse ou en lenteur exaspérante,

- le rythme temporel des arrêts et les endroits dans la majeure partie des cas mal appropriés car gênant les autres usagers de la route,

- enfin par la charge excessive qu’ils imposent à leurs véhicules.

Le chauffeur se permettant pour cela de braver tous les interdits, et son aide qui rameute les usagers de sa voix éraillée qui s’apparente au croassement d’un crapaud typique de cet emploi, avertit tout un chacun que désormais les passagers doivent épouser une pensée unique qui est celle du chauffeur. Essayer d’aller à l’encontre de leurs agissements est jugé inutile, dans la mesure où le bus est souvent rempli de gens acquis à leur cause, ce qui rend l’art encore plus difficile qu’il ne soit déjà.

En tenant compte de ce laxisme des passagers, il est évident qu’il y ait faute du chauffeur en cas d’accident mortel, mais une complicité avérée de ces derniers est constatée par le fait d’un non assistance à personne en danger qui est occasionné par le mutisme fatal adopté lors d’un acte délictuel de conduite.

A partir de cette vérité, je reviens sur les litanies de la SENTINELLE que je suis qui est de dénoncer la passivité, contraire aux actions citoyennes que chaque malgache doit avoir en ces temps difficiles de reprise de conscience collective. Nous sommes en guerre… Non pas contre une nation étrangère mais contre nous-mêmes. Arrêtons de rejeter les fautes sur untel ou autre, il est temps de prendre nos responsabilités dans la remise sur le droit chemin de ces fossoyeurs au volant.

Bien sur, il est important de rester dans la rectitude sans en faire une lutte de classe ou une vengeance pouvant sanctionner des innocents, mais il nous faut prendre quand même des mesures drastiques qui sont de :

- restructurer ce monde du transport. C'est-à-dire que chaque coopérative doit avoir en ces années 2015 un central téléphonique capable de recevoir les multiples appels provenant de citoyens malgaches ou étrangers dénonçant la conduite d’un chauffeur de ses véhicules de transport en plein délit de circulation.

- de mettre sur chaque véhicule un GPS pour situer à un moment précis le véhicule, ainsi qu’un récepteur téléphonique kit mains libres qui serait en état de marche à tout instant, ne gênant point la conduite du chauffeur et lui permettant de ce fait de recevoir les consignes de son central d’appel en toute sécurité.

-   de placer en grandeur suffisante et surtout bien en vue, c'est-à-dire sur les côtés, devant et derrière la voiture de fonction, les numéros des portables du chauffeur et du central d’appel auquel il dépend pour recevoir en temps réel les doléances des autres usagers sur sa conduite et ses comportements.

- de sanctionner durement la coopérative de transport d’appartenance de ces véhicules qui ont fait montre de manquement quelconque à ces nouvelles prérogatives tant au niveau du chauffeur qu’au niveau du matériel et de son encadrement.

De par ces mesures préventives, chaque personne porteuse de téléphone mobile sera impliquée dans la réhabilitation du système malgache de transport, et nos structures étatiques de la police et de la gendarmerie seront de la partie en faisant des vérifications journalières sur le bon fonctionnement des matériels de surveillance mis en place par les coopératives, ou en intervenant immédiatement sur certains appels se trouvant à leur proximité.

La mise en place effective de ce double système de contrôle et de répression doit d’abord être présentée à la chambre basse et doit ensuite passer par une restructuration au niveau du système judiciaire, de la police, de la gendarmerie et des opérateurs impliqués dans le transport public.

De par ces suggestions, il n’est plus question d’attendre après l’éducation hypothétique des chauffeurs et de leurs aides ainsi que de la population, le réalisme en termes d’efficience est d’adopter la méthode faisant intervenir la dualité : délit-sanction. La nouvelle approche professionnelle dans ce métier doit maintenant passer par l’apport et l’exploitation de nouvelles technologies (radars, GPS, caméras...) pour être à l’instar des métropoles européennes, ainsi que la réhabilitation des panneaux routiers de prévention qui sont actuellement très rares, or leur absence est un signe du peu d’intérêt que l’on porte sur les pertes en vie humaine (SIC). L’Etat doit s’attaquer à ces mesures d’urgence qui doivent être faites sur toute l’étendue du territoire malgache, pour éviter que les prochains accidents de la route concernant le transport public ne leur soient imputés. Cette nécessité sociétale peut être considérée comme la preuve du renouveau gouvernemental dans sa volonté d’œuvrer pour la vie et le bien être de la population à travers une mise aux normes routières.

Max Randriantefy