A l’heure où les délestages continuent à frapper de nombreuses villes du pays, les zones non connectées aux réseaux de la Jirama sont tout simplement oubliées. Certes, des appels d’offres pour des projets d’hydroélectricité ont été lancés, mais dans la plupart des cas, ils serviront à augmenter la capacité de réseaux déjà existants. Les paysans éloignés de ces réseaux ne peuvent donc pas espérer être raccordés à l’électricité sur le court et le moyen terme. Dans des pays de l’Afrique subsaharienne dont l’Ouganda et la Tanzanie, les femmes sont mises en avant pour développer l’accès à l’énergie solaire des régions non connectées aux réseaux électriques. L’initiative baptisée « Solar sister » est partie du constat comme quoi, les femmes sont les moins loties concernant l’accès à l’énergie. Dans la grande majorité des cas, elles sont chargées de la collecte de combustibles (bois de chauffe, déchets végétaux…) pour alimenter les réchauds du ménage. Elles font la cuisine dans une pièce enfumée et polluée par ces combustibles, elles doivent faire des kilomètres pour acheter du pétrole lampant pour l’éclairage… Puis, elles assurent souvent les dépenses énergétiques des ménages.
Autrement dit, les femmes sont bien placées pour connaître les problèmes d’accès à l’énergie et pour aider les communautés non raccordées à l’électricité à surmonter cette situation. Elles sont d’ailleurs plus à même de tisser des relations au sein des communautés. L’entreprise sociale Solar sister s’appuie ainsi sur le concours des femmes pour promouvoir la lampe et le réchaud solaires, deux produits « verts ». Elle les recrute, les forme et les aide à devenir des entrepreneurs. L’objectif est de les aider à développer la vente de ces produits auprès de leurs voisines, de leurs homologues dans les paroisses ou autres lieux de prière, sur les marchés, lors de réunions d’associations ou de coopératives… A part jouer leur rôle de mère, de paysanne ou d’artisane, ces femmes gagnent aussi un revenu supplémentaire grâce à Solar sister. Elles participent également à la transition énergétique, c'est-à-dire à l’abandon progressif des énergies polluantes, dangereuses et souvent très coûteuses, au profit d’énergies propres comme le solaire.
A Madagascar vers le début du régime actuel, une entreprise française a voulu faire du forcing pour développer le solaire, moyennant des contacts dans la haute sphère politique. L’idée n’était pas mauvaise mais à grande échelle et en réseau, elle coûtera chère par rapport à l’hydroélectricité considérée comme l’avenir des réseaux électriques à Madagascar. En revanche, l’initiative de Solar sister soutenue par des partenaires comme Clinton global initiative, l’USAID, suit le principe suivant : mettre de l’énergie propre, bon marché et respectueuse de l’environnement, à la disposition des ménages non raccordés aux réseaux d’électricité. Les zones enclavées sont donc les plus ciblées. Madagascar devrait faire en sorte pour dupliquer le même système aux multiples avantages tant pour les femmes que pour les ménages. En savoir plus sur Solar sister : https://www.solarsister.org
Recueillis par Fanjanarivo