La journée mondiale de la liberté de la presse a connu une célébration pas tout à fait comme les autres hier.
En tout cas, la matinée fut occupée par une cérémonie à la mairie de Tana où tous les professionnels tant publics que privés ont essayé autant que faire se peut de faire un long travail d’introspection sur les médias. En particulier, Vonison Andrianjato, ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, n’a pas manqué à la règle.
Journaliste-chroniqueur de son état, le nommé a parlé d’un monde en profondes mutations à l’heure où la cybercriminalité est devenue un maître-mot pour figurer les limites de la très grande évolution ou comme disent les professionnels de l’image, l’Entertainment d’un monde qui n’a de cesse de nous surprendre.
En revenant sur les médias en particulier, on n’a de cesse de faire grand cas du notable changement avec cette profusion majuscule de supports, médias chauds (radio) et froids (télévision). Même le monde de l’écrit connaît cette notable implosion. Tabloïds, magazines occupent le quotidien de la grande Ile. Qui dit mieux !
Supports papiers
La faillite de plus d’un organe de presse y trouve une voyante source. D’où dans certains cas, la politique de subventions fut jugée incontournable pour certains supports papiers récupérés à bras raccourcis par certains politiques ou groupes de pression qui se veulent du sang neuf côté public.
Le Journal en ligne fait son entrée en force s’il ne sert pas de rampe de lancement pour certains organes de presse. Mais heureusement, c’est outremer. A Madagascar, l’expérience est tout à fait liminaire. Le lectorat préfère mieux le support papier, abordable tant s’en faut pour le grand public. Tant mieux, en dernière analyse, pour le développement autocentré d’un système de communication hérité du reste d’une bureaucratie qui pêche beaucoup par l’obsolète. En effet, promettre le virtuel, donc internet ou un journal en ligne serait tout simplement inapproprié. C’est pour le moment, l’échec de backbone en ce qui concerne nos contrées reculées.
A Madagascar, le papier fait tout son entrée, son « heur » à l’abonné bien accroché. On est toujours ravi d’avoir sa Gazette de la Grande Ile au petit matin…. Même si parfois c’est pour rire sous cape de voir sa photo en encadré dans la fameuse rubrique Mialà! L’ambiance est toujours bon enfant.
Se bander contre nous
C’est peut être une des raisons qui ont poussé nos politiques à opérer des coupes sombres dans la presse, à la museler. En tout cas, qui ne veut pas cracher sur son journaliste en brandissant le spectre des poursuites judiciaires? C’est pratiquement devenu un sport de haute voltige pour tout ceux qui ont eu du mal à être critiqué. Faut-il paraphraser ici les quelques mots de Voltaire : «Faites faute de défaire le pays de ces zélés faquins qui exhortent les peuples à se bander contre nous, noircissent notre conduite, et veulent faire passer pour rêverie notre croyance ». En fait de rêverie justement, la liberté de presse achoppe ces derniers temps sur de nouveaux obstacles. Arrestations arbitraires de journalistes, marathon judiciaire à la foire à l’encan de ceux qui se sont vus mise à nu dans leurs basses manœuvres. On en passe sur l’envers du décor que vit notre jeune presse. Parallèlement, cela fait un bon bout de temps que l’on jase sur l’urgence de l’adoption d’un nouveau code de la communication. En marge de la célébration de la journée mondiale de la presse hier, le ministre de la Communication Vonison Andrianjato devait toutefois rassurer ces gens du métier.
Transmis aux médias
Le code de la communication existe bel et bien. Il est fin prêt. Après ?... « Il sera remis à l’OJM ainsi qu’aux PTF (Partenaires Techniques et Financiers) », soutient Vonison Andrianjato. Des questionnements sont toutefois monnaie courante. Par exemple, la dépénalisation de la presse figure bel et bien dans ledit nouveau code de la communication. On avance qu’il faudra que les présumés fautifs s’arment d’une modique somme. Combien ? Ou jusqu’à quelle hauteur ? C’est selon les allégations à l’aulne de délits dont seul le juge aura le secret de la gravité. Là-dessus, rien n’est bien clair. Les professionnels de la presse aimeraient discuter de ce nouveau code sinon ce ne sera qu’un assassinat programmé du métier de journaliste et de la presse libre durement éprouvé ces dernier temps. Bien de médias risquent tout simplement de mettre la clé sous le paillasson.
Gageons cependant un espoir. Le ministre Vonison Andrianjato déclare que le code de la communication est une promesse présidentielle. Après un passage au conseil, il sera transmis aux professionnels du média. C’est, comme on dit, un process ! Les professionnels des médias le prend au... mot.
Ampingaratse
