Le climat délétère n’a pas empêché de se souvenir de la journée mondiale de la liberté de la presse. La concurrence de plus en plus serrée et les divergences de plus en plus poussées en matière de ligne éditoriale n’ont pas empêché les journalistes de célébrer chacun à leur façon cette journée symbolique. Et c’est tant mieux. On peut même se réjouir qu’il reste encore quelque chose qui unit le monde de la presse.

          Jamais, les journalistes malgaches n’ont été, en effet, opposés. Pareillment aux autres secteurs d’activité, la concurrence est vivace dans la presse. Dans la capitale, il y a une quarantaine de journaux quotidiens toutes tendances confondues, une dizaine de stations TV et davantage de radios privées. Aucun pays du continent africain auquel nous appartenons, ne dispose cependant d’un réseau de médias aussi grand.  Est-ce pour autant dire que la liberté de la presse est une réalité à Madagascar ?

            En cette année 2016, les Nations Unies ont choisi comme thème de cette journée mondiale de la liberté de la presse : « accès à l’information et aux libertés fondamentales, c’est votre droit ! ». A priori le nombre relativement fort de médias à Madagascar nous met en phase avec ce thème. A fortiori le niveau trop élevé d’analphabètes et le souci des investisseurs de constituer un organe de presse chargés prioritairement de promouvoir et protéger leurs intérêts propres, nous éloignent du leitmotiv du système des Nations Unies. La situation actuelle ne nous rapproche pas, en tout cas, à l’appel du SG de l’ONU, Ban Ki-moon. « J’exhorte tous les gouvernements, politiciens, entreprises et citoyens à promouvoir et à protéger l’indépendance et la liberté des médias », dit-il dans son message.

             Contrairement à ce qu’on peut le percevoir, le foisonnement de médias à Madagascar ne correspond cependant pas à cette vision du SG de l’ONU. A quelques exceptions près dont « La Gazette de la Grande Ile », aucun journal ni station de TV et de radio de la place ne peuvent se targuer d’être indépendant et libre.  Ces organes sont pour la plupart sinon dans leur immense majorité initiés par des politiciens et plus particulièrement les gens du régime en place. C’est la liberté d’initiative mais aussi une stratégie pour occuper une scène médiatique pas du tout favorable à Hery Rajaonarimampianina. C’est aussi une façon de montrer à Ban Ki-moon , lors de sa prochaine visite que la liberté de la presse existe à Madagascar. A l’instar des pauvres Malgaches, croit-on que le SDG de l’ONU est dans la lune ?

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