Les infractions douanières commises par Madagasikara Airways, qui viennent d’être révélées au grand jour, déshonorent la direction générale de cette nouvelle compagnie aérienne, le Ministère des Transports et du Tourisme, ainsi que l’Aviation Civile de Madagascar. Il faut féliciter le syndicat des employés de la douane qui a fait preuve de courage et de patriotisme en révélant cette information gravissime. Madagasikara Airways a bénéficié d’un avantage non négligeable en ne payant pas de droits douaniers pour l’acquisition de son second aéronef entré « en contrebande ». Non seulement Madagasikara Airways s’est rendue coupable de concurrence déloyale mais elle a participé à un manque à gagner des recettes douanières. Comme à l’accoutumée, le régime mésestime cet évènement qui pourtant, va provoquer un appel à la désobéissance fiscale et va irriter certainement les bailleurs de fonds. La volonté évidente de nos dirigeants de dépecer Air Madagascar au profit de Madagasikara Airways, dans laquelle ils détiennent des intérêts, ne doit pas se faire au détriment des précieuses recettes douanières et fiscales. Il y a une injustice flagrante et insupportable si, d’un côté, la pression fiscale s’accroît sur les ménages et les entreprises et si, d’un autre côté, les dignitaires du régime sont exemptés de droits et taxes. Décidemment, Madagasikara Airways bénéficie de tous les passe-droits. On se souvient que cette compagnie a transporté des passagers durant plusieurs mois sans Certificat de Transporteur Aérien (CTA) qui constitue pourtant le permis d’exploitation aérienne. Madagasikara Airways a donc pu faire voler son premier jet en violation du règlement relatif aux conditions techniques d’exploitation d’un avion par une entreprise de transport aérien (dénommé RAMM 4000). Madagasikara Airways, qui a pu régulariser a postériori son Certificat de Transporteur Aérien, sera vraisemblablement autorisée à régulariser sa situation douanière, sans aucune pénalité et comme si de rien n’était.

Ranary